Le Ministre du Travail, Xavier Bertrand, à Lille, le 4 janvier 2011.
Le Ministre du Travail, Xavier Bertrand, à Lille, le 4 janvier 2011. - M. LIBERT / 20 MINUTES

Avec Reuters

Le gouvernement français s'opposera à la proposition de loi légalisant l'euthanasie adoptée la semaine dernière par la commission des Affaires sociales du Sénat, a annoncé ce lundi Xavier Bertrand. Le ministre de la Santé s'exprimait sur un texte qui doit être examiné par la chambre haute en séance plénière mardi.

«Je ne suis pas favorable à ce texte, je serai moi-même au Sénat demain soir pour défendre la position du gouvernement», a déclaré Xavier Bertrand sur BFM TV et RMC. «Je ne suis pas favorable à l'euthanasie», a-t-il ajouté. «Ce n'est pas une conception partisane qui doit l'emporter ici», a encore dit le ministre, prônant l'application de la loi Leonetti de 2005 prévoyant le développement des soins palliatifs.

«Les Français veulent qu'on accompagne et qu'on évite les douleurs»

«Certains nous disent: “Les Français sont majoritairement favorables à l'euthanasie”», a fait valoir Xavier Bertrand. «Ce n'est pas vrai. Il faut tout lire dans les sondages. Les Français veulent qu'on accompagne et qu'on évite les douleurs mais qu'on soit dans une logique où on ne change pas de système.»

En Europe, l'euthanasie est légale en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse et au Luxembourg. La situation est plus floue en Allemagne, où aucune peine ne la sanctionne. Le texte adopté mardi dernier par la commission du Sénat est né de la fusion de trois propositions de loi issues de trois groupes politiques différents (Parti socialiste, UMP et Parti communiste-Parti de gauche) déposées ces deux dernières années.

Son article premier stipule qu'un personne majeure «en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur».