C'est avec une métaphore que Cécile Duflot a présenté l'avenir d'Europe Ecologie-Les Verts ce mercredi dans un café du 10e arrondissement. «Après l'explosion de 2009, 2010 a été l'année de l'éclosion et 2011 sera l'année de l'enracinement» pour le nouveau mouvement écolo, a lancé la secrétaire nationale du parti lors de ses vœux à la presse. Et cette «enracinement» passe par des rendez-vous clés, que la jeune femme a listé: les cantonales et le projet écologiste pour 2012.
Cécile Duflot annonce «des candidats dans la quasi-totalité des cantons» pour le scrutin du mois de mars, qu’elle aimerait nationaliser, notamment autour des questions de «solidarité» et plus particulièrement de la dépendance. «C’est l’occasion de dire quel projet de société on veut porter, quelles valeurs ont veut porter». La question des «libertés», avec le vote de la loi Loppsi 2, sera également au cœur des préoccupations du parti. Il s'agit d'un «catalogue répressif, de nature très préoccupante», s'est inquiétée la secrétaire nationale.
Mais 2011, c’est surtout l’année de préparation à 2012. Et le parti EE-LV va phosphorer toute l’année afin de ficeler un programme d’ici à la fin de l’année. Cécile Duflot a annoncé un projet «nourri de réalités concrètes des habitants de ce pays», qui fera «le lien avec la dimension européenne et mondiale» et en s’adressant à «l'intelligence des citoyens».
Qui dit projet dit candidat. Si l’hypothèse - portée notamment par Daniel Cohn-Bendit - que le mouvement ne présente pas de champion à l’élection présidentielle, en négociant des accords électoraux avec le PS circule actuellement, elle n’est pas partagée par la direction. Vu l’histoire des Verts, «ce n’est pas une évidence» pour le parti d’avoir un candidat à cette élection qui ne leur a jamais réussi, a reconnu Cécile Duflot.
«Ce n’est pas notre élection fétiche mais présidentielle est la seule élection où on peut parler au niveau national d’un projet alternatif», a-t-elle assuré. Après les vœux, Jean-Vincent Placé, son bras droit, s’est fait plus clair: «il y aura un candidat Europe Ecologie, et ce sera Eva Joly», a-t-il tranché, maugréant contre les «articles» relayant la première hypothèse. C’est essentiel car «on n’est pas encore installé dans le paysage politique», a-t-il ajouté. Interrogé sur l’éventuelle candidature de Nicolas Hulot, il peste. «S’il veut être candidat, il faut qu’il fasse son offre. Et qu’il précise ce qu’il fera au second tour», insiste-t-il, l’enjoignant à sortir du «ni gauche ni droite». Il n’était pas le seul à demander à l’animateur écolo à sortir du bois. «J’ai deux chose à lui dire, nous expliquait en écho Noël Mamère: «si tu veux être candidat, dépêche toi et engage-toi sur le second tour».
Car à six mois de la primaire, le jeu est pour l’instant clair entre Eva Joly et son challenger, Yves Cochet. Seul l’hypothèse Nicolas Hulot trouble le jeu. Sa candidature ne serait «pas un élément perturbateur», a tempéré Cécile Duflot. «Il a évolué sur l’engagement politique mais il faut définir sa place et son rôle», a ajouté celle qui assure avoir des «contacts réguliers» avec l’animateur.