Otages en Afghanistan: les talibans accusent les Français d'être des espions

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Publié le 1 janvier 2011.

NEGOCIATIONS - Et l'Etat de ne pas prêter attention à leurs exigences...

Le gouvernement français «ne prête pas attention» aux exigences des talibans pour libérer les deux journalistes français qu'ils retiennent en otages depuis un an, a affirmé un de leurs porte-parole samedi, accusant les deux journalistes d'être des espions.

«Nous avons présenté nos conditions et nos exigences il y a déjà un an au gouvernement français en échange de la libération des otages français. Ce sont des exigences très simples et très faciles à remplir, mais malheureusement ils n'ont pas prêté beaucoup d'attention à nos conditions», a déclaré à l'AFP Zabihullah Mujahid.

Des informations d'espions?

Si les autorités françaises «avaient accepté nos conditions, ils (les otages) auraient déjà été libérés», a poursuivi ce porte-parole, qualifiant le gouvernement français d'«irresponsable» et refusant de dévoiler lesdites conditions.

Ce porte-parole a également affirmé que les deux journalistes de France 3, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, avaient été capturés car ils se livraient à de l'espionnage dans une zone contrôlée par les talibans. «Les informations qu'ils collectaient n'étaient pas des informations dont un journaliste a besoin. Les informations qu'ils récoltaient étaient plus dans l'intérêt d'agences d'espionnage», a expliqué Zabihullah Mujahid.

Pas la permission des talibans

«Ils ont été arrêtés pour deux raisons: premièrement, ils ne nous ont pas contactés (...) et s'étaient rendus sur la zone sans notre permission», a-t-il précisé. «Deuxièmement, il étaient en train de récolter des informations qui tenaient du renseignement. Les informations et les documents que nous avons retrouvés sur eux, suggèrent qu'ils cherchaient à récolter du renseignement», a-t-il poursuivi.

Les deux journalistes et leurs trois accompagnateurs afghans ont été enlevés le 30 décembre 2009 à une soixantaine de km à l'est de Kaboul, dans la province instable et montagneuse de Kapisa.

Une partie des troupes françaises de la force de l'Otan (Isaf) est stationnée dans cette zone, une présence qui donne à leur enlèvement par un groupe taliban local une portée politique et complique les négociations.

Malgré les nombreuses déclarations optimistes des autorités françaises, les otages ont entamé jeudi leur deuxième année de captivité, une durée particulièrement longue dans ce genre d'affaires.

Dans une vidéo transmise en avril, les talibans afghans avaient menacé de tuer les deux journalistes et leurs accompagnateurs si Paris n'obtenait pas, notamment de Kaboul et de Washington, la libération de prisonniers en échange de leur remise en liberté.


 

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