Benoît Hamon, porte-parole du PS, a estimé jeudi que Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, qui vient d'être condamné pour atteinte à la présomption d'innocence, devait «démissionner». «L'idée que je me fais de la morale en politique, c'est que quand on est condamné comme ça, on doit démissionner», a-t-il affirmé à l'AFP.
Faisant allusion à la jurisprudence qui voulait qu'un ministre mis en cause démissionne, Benoît Hamon a affirmé «désormais, on a un ministre de l'Intérieur condamné à deux reprises, dans le premier cas pour propos racistes», et dans le deuxième «pour violation de la présomption d'innocence».
«Il y a là une conception de la République irréprochable qui pose problème», a-t-il affirmé en allusion à la «République irréprochable» prônée par Nicolas Sarkozy.
Benoît Hamon avait déjà estimé lundi que Brice Hortefeux n'était «pas à sa place dans le gouvernement», dénonçant sa défense des policiers condamnés à de la prison ferme à Bobigny, où il s'était comporté, aux yeux du socialiste,«comme le premier des syndicalistes policiers». «Le dossier s'alourdit», a jugé Benoît Hamon.
Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a été condamné vendredi à 1 euro de dommages et intérêts pour atteinte à la présomption d'innocence de l'ex-conseiller de Michèle Alliot-Marie à la Chancellerie, David Sénat, six mois après une première condamnation pour injures raciales. Son avocat a immédiatement annoncé à la presse son intention de faire appel.