CORBEIL-ESSONNES (Essonne) - Le camp de Serge Dassault, sénateur et ancien maire UMP de Corbeil-Essonnes, a accusé mardi son principal opposant de gauche Bruno Piriou (PCF) d'avoir "infiltré" la justice pour faire invalider l'élection municipale de 2008, ce que l'intéressé a fermement démenti.
A cinq jours du premier tour de l'élection municipale --la troisième en trois ans dans cette ville après deux invalidations--, le maire UMP Jean-Pierre Bechter, candidat à sa propre succession, organisait une conférence de presse au cours de laquelle a été remise à chaque journaliste une enveloppe contenant un CD avec des enregistrements pirates.
On y entend Bruno Piriou, tête de liste de la gauche unie, discuter avec des jeunes de Corbeil, et expliquer: "c'est mes histoires à moi, d'infiltrer, d'être dans les milieux de la justice au niveau national".
L'avocat de Serge Dassault, Me Pierre Haïk, y a vu des "aveux d'infiltration de l'institution judiciaire". L'objectif, selon l'entourage de l'industriel et patron de presse, était de faire annuler sa réélection en mars 2008.
Contacté mardi par l'AFP, M. Piriou a fermement démenti avoir tenu ces propos, soulignant que ces jeunes hommes sont "des gens qui cherchent à toucher de l'argent", "témoignent" puis "se rétractent".
Sur le CD, l'un de ses interlocuteurs lui dit: "Bruno, on croit beaucoup en toi. (...) On veut pas que le jour où tu sois maire tu t'entoures de personnes et qu'il y ait un nouveau système bizarre qui soit en place. (...) Elle va trop mal la ville".
En 2009, lors de la première invalidation, certains de ces jeunes avaient produit par écrit des témoignages pour le Conseil d'Etat. Ils s'étaient finalement rétractés et n'étaient pas venus à l'audience.
Selon Jean-Pierre Bechter, c'est à la demande de Bruno Piriou que ces faux témoignages auraient été produits. "Je n'ai jamais vu un communiste comme ça, c'est même à mon avis un exemplaire unique en fonction à l'heure actuelle en France", a commenté le bras droit de M. Dassault.