La leçon de pédagogie de Nicolas Sarkozy aux maires en colère

POLITIQUE Il s'exprimait devant les élus locaux réunis au 93e Congrès des maires de France...

Matthieu Goar

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B.GUAY / AFP

Suivi par son aréopage de ministres, il est arrivé dans une salle partagée entre les sifflets et les applaudissements. Il est reparti ovationné au bout d’une heure d’explication de texte. Un an après avoir envoyé François Fillon au front, Nicolas Sarkozy est venu, ce mardi, calmer la colère des maires réunis en Congrès.

«Une personne responsable est celle qui dit non»

«Une personne responsable est celle qui dit non. On respecte davantage celui qui a le courage de dire non que celui qui égraine les oui», a lancé en préambule le chef de l'Etat pour expliquer sa réforme des collectivités territoriales et la suppression de la taxe professionnelle qui pénalisait, selon le président, l’industrie française. «Il n'existe pas de grande réforme sans qu'il y ait de grands débats et de grandes oppositions. C’est la France», a souri  Nicolas Sarkozy  qui n’a pas oublié l’épisode des retraites. 

Endossant son costume préféré, celui du réformateur volontariste, le chef de l'Etat a rappelé le courage de De Gaulle au moment de la décolonisation ou encore celui de François Mitterrand, abolitionniste de la peine de mort, avant de détailler sa réforme des collectivités territoriales qui a tant fait grincer des dents au niveau local.

«On n’a pas eu le courage de couper dans les dépenses de fonctionnement»

«Certains experts me disaient de renoncer aux départements, d’autres les régions. C’est trop facile de parler quand on ne se présente pas devant au suffrage universel», a fustigé le chef de l’Etat qui a finalement renoncé à supprimer les départements. Le président n’a par contre pas manqué de souligner que le chevauchement des compétences départements/régions occasionnait des dépenses sur les mêmes domaines à hauteur de 20 milliards d’euros.

Devant des élus préoccupés par le gel des aides de l’Etat, Nicolas Sarkozy s’est montré gestionnaire.  «Dans les trente années qui viennent de s’écouler, on n’a pas eu le courage de couper dans les dépenses de fonctionnement mais seulement dans les dépenses d’investissement», a expliqué Nicolas Sarkozy rappelant les difficultés financières de l’Etat. «Est-ce que vous pensez que vos concitoyens ont envie de se retrouver dans la situation de la Grèce, de l'Irlande ou d'autres pays? Est-ce que vous pensez qu'ils nous féliciteraient si on était obligé de faire la quête sur les marchés internationaux si notre dette était dégradée?», a-t-il interrogé.