L'ex-secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, veut redevenir une militante de terrain.
L'ex-secrétaire d'Etat à la Ville, Fadela Amara, veut redevenir une militante de terrain. - F. DUPUY / SIPA

Matthieu Goar

Bernard Kouchner est resté discret, Fadela Amara a rué dans les brancards dénonçant «le poids de l'inertie et du sectarisme». Peu importe la façon de dire au revoir, ce remaniement a enterré l'ouverture.

Même si Dominique Paillé, porte-parole de l'UMP, continue à mettre en avant Frédéric Mitterrand (qui a voté Sarkozy en 2007) et Eric Besson (secrétaire général adjoint de l'UMP), il ne reste plus aucun des sept ministres de gauche embauchés par Sarkozy en 2007.

Courber l'échine jusqu'au bout

Courageuse volonté de rassemblement pour les uns («Je ne suis pas l'homme d'un camp», avait déclaré Sarkozy en 2007) ou simple coup marketing pour l'opposition et une partie des députés UMP, le bilan de l'ouverture est plus que mitigé. Surtout du côté des principaux concernés.

Certains comme Jean-Pierre Jouyet ou Martin Hirsch ont claqué la porte dès leur projet adopté, d'autres ont courbé l'échine jusqu'au bout. Comme Jean-Marie Bockel, chassé dès 2008 d'un secrétariat d'Etat à un autre pour des déclarations osées. Fadela Amara, elle, dit avoir «apprécié l'expérience humaine», mais a souffert avec ses ministres de tutelle avant de payer sa déclaration sur François Fillon, «bourgeois de la Sarthe».

Redevenir militante de terrain

Symbole de l'ouverture, Bernard Kouchner a très peu pesé. «Le président les a pris, les a utilisés et maintenant il les jette», conclut Benoît Hamon, porte-parole du PS. Quel avenir justement après s'être fait pousser dehors? Amara veut redevenir une militante de terrain et Bockel se concentrer sur sa mairie de Mulhouse.

En tout cas, même si les avis des camarades divergent, la porte du PS est presque entrouverte. «S'ils veulent faire le constat qu'ils se sont fourvoyés, moi je serai heureux d'entendre leur bilan», explique Benoît Hamon.