Il y a des signes qui ne trompent pas. Nicolas Sarkozy, accompagné de Carla Bruni-Sarkozy, a accueilli Hu Jintao, le président chinois, à sa descente d'avion, sur la piste de l’aéroport d’Orly ce jeudi midi. «Un geste exceptionnel», assure l’Elysée. Un geste censé prouver que les relations entre la Chine et la France sont désormais au beau fixe, après un épisode compliqué avant les JO de Pékin et la situation au Tibet en 2010.
Après les honneurs militaires à l'aéroport, Hu Jintao et Nicolas Sarkozy devaient gagner ensemble la capitale française, puis être escortés par la garde républicaine à cheval et des motards jusqu'au lieu de résidence du président chinois.
Lors de cette visite d’Etat de trois jours, le président chinois devrait signer plusieurs contrats pour plusieurs milliards, avec Airbus, Areva notamment. La présidence s’est refusée à avancer des montants mais a souligné que leur valeur globale serait «de loin plus importante que pour les précédentes visites de dirigeants européens à Pékin ou chinois à l'étranger cette année».
«La Chine ne doit pas être vécue comme un risque mais comme une opportunité», a déclaré au préalable ce jeudi le président français à l'issue d'une table ronde sur le thème des transports et l'aménagement du territoire organisée à Troyes (Aube).
Les sujets qui fâchent, comme les droits de l’Homme, seront éclipsés. D’ailleurs, il n’y aura qu’une prise de parole publique – les toasts des deux présidents lors du dîner – et aucune conférence de presse qui pourrait permettre à des journalistes d’embarrasser Nicolas Sarkozy. Un dispositif là aussi exceptionnel mais dont ne s’est pas vanté l’Elysée.
Outre des discussions économiques, avec une cérémonie de signature de contrats à l'Elysée ce jeudi, notamment dans l'aéronautique, le nucléaire civil, le charbon propre et l'assurance-vie, les grands sujets internationaux seront au menu. Nucléaire iranien, Afghanistan, Pakistan, G20 seront au centre des entretiens débutant ce jeudi à Paris. Une deuxième série de contrats doivent être signés vendredi matin au siège de l'organisation patronale française le Medef avant un déplacement conjoint à Nice pour un nouvel entretien, à la célèbre Villa Masséna, sur la Promenade des Anglais, et un dîner dans un restaurant de la vieille ville où le président français a ses habitudes.
«A l'approche du G20, il est important que nous puissions avoir cet échange sur tous ces sujets économiques et financiers. Rien aujourd'hui ne peut se régler sans le concours de la Chine», fait-on savoir à l'Elysée. Alors que la Chine est la cible de critiques pour son refus de réévaluer sa monnaie, Paris entend aborder ces problèmes «non pas dans l'angle de la confrontation mais au contraire dans la recherche de convergences».
Même tactique sur les droits de l’Homme, comme lorsque Paris a félicité avec mesure le prix Nobel de la paix 2010n Lui Xiaobo. «Le gouvernement, le président de la République considèrent que c'est avant tout par la coopération et par le dialogue que nous avancerons, que nous pourrons contribuer à faire progresser la Chine» dans ce domaine, s’est justifié mercredi le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
«Quand on reçoit quelqu'un, pour bien le recevoir, ce n'est pas en reprochant aux gens les choses qu'on fait avancer les dossiers. C'est en essayant de les comprendre que eux vous comprennent aussi», a renchéri Nicolas Sarkozy à Troyes, soulignant que l'objectif était de «trouver un compromis qui soit à l'avantage des deux partenaires».