Jean-François Copé accuse Martin Hirsch de «délation»

MAJORITE Il a eu le tort d'écrire un livre pour dénoncer les conflits d'intérêts dans la vie politique française...

M.P. avec AFP

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REUTERS/Regis Duvignau

Tirs nourris contre Martin Hirsch, qui publie le 29 septembre Pour en finir avec les conflits d’intérêts dans lequel il dénonce les pratiques propres à la vie politique française en la matière. L’ex haut-commissaire aux soildarités actives propose dans le même temps une loi pour mettre fin à cette spécificité française. Mais ses exemples, multiples et nourris par ses années passées dans les hautes administrations et au gouvernement n’ont pas plus à tout le monde.

Notamment à Jean-François Copé, le patron des députés UMP, qui cumule son mandat de députés avec un travail d’avocat d’affaires, sans que jamais les dossiers sur lequel travail l’homme en forme de la majorité ne soient rendus publics. Ce qui lui a valu une réponse cinglante de l’intéressé, dimanche, sur i-télé. «Martin Hirsch n’est pas procureur», a-t-il commencé, «ça me déçois», a-t-il ajouté. «En lisant ce livre, je me suis demandé si, sans peut-être s'en rendre compte, il se livrait à un exercice de délation, qui n'est pas tout à fait à l'honneur de quelqu'un qui a sa qualité», a taclé Copé.

«Jeter en pâture des gens»

Agacé «qu’un de (ses) anciens collègues puisse délivrer des leçons de morale en toute impunité», le patron des députés UMP a rappelé qu’il avait toujours «soutenu» les actions de Martin Hirsch au gouvernement. Sur sa propre situation, il a expliqué qu’il ne s’occupait «que de droit privé» dans son cabinet d’avocats et en aucun cas d’affaires qui sont en lien avec l’Etat ou le droit fiscal. «Vous n’imaginez quand même pas que je vais mélanger les genres (...) Je ne suis pas irresponsable». «Il n'a rien vérifié. Il balance des noms aux piranhas en se disant : moi de toutes façons, avec la carrière que j'ai auprès d'Emmaüs, je ne risque rien», a encore ajouté Jean-François Copé. Surtout, il a attaqué Martin Hirsch qui, a-t-il rappelé, «a fait voter une loi quand il était au gouvernement» sur la création de l'Agence du service civique, agence «qu’il préside», a souligné le député-maire de Meaux.

 

Un peu plus tôt, sur Canal + , c’est Rachida Dati qui était tombé sur l’ancien président d’Emmaüs. «Je trouve que faire un livre sur des usages et traditions qui ont existé et qui ont concerné tout le monde, des gens de gauche et de droite (...) et jeter en pâture des gens qui n'ont rien à se reprocher (...) ce n'est pas sain et que ce n'est pas digne de la politique», a-t-elle notamment déclaré.   

 

Samedi, c’est Gérard Longuet qui avait répliqué sèchement à Martin Hirsch qui dans son ouvrage, exhume aussi une pratique méconnue du grand public, qui a perduré jusqu'à la fin des années 1990: celle de l' «hommage philatélique», lorsque La Poste offrait des épreuves de luxe de timbres-poste offertes à certains ministres et hauts fonctionnaires, que beaucoup revendaient aussitôt.

 

Il vise notamment - sans le citer - l'actuel président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, qu'il accuse d'avoir ainsi financé en partie une villa sur la Côte d'Azur après son passage au ministère des Postes (1986-1988). Ce que l’intéressé dément. Déjà, la semaine dernière, le directeur de cabinet de Gérard Longuet

démentait ce fait auprès de 20minutes.fr,

assurant de surcroît que Martin Hirsch, avec son livre dans lequel il multiplie les exemples, « commet un délit, il est tenu au secret professionnel, c’est dans la loi».