Garder la direction engagée, tous ensemble. C’est le mot d’ordre de Nicolas Sarkozy, qui a reçu ce mercredi midi les députés UMP à déjeuner à l'Elysée, au lendemain de la mobilisation massive des syndicats contre la réforme des retraites.
Abordant des sujets aussi divers que la situation économique, la sécurité ou la réforme des retraites, le chef de l’Etat a en effet montré qu’il souhaitait maintenir le cap. Ainsi, et malgré les remous causés dans sa majorité par son discours sécuritaire de Grenoble, le Président «ne lâchera rien sur la sécurité», a rapporté à 20minutes.fr Lionel Tardy, député UMP de la Haute-Savoie, et compte également maintenir la politique économique, «qui fait du résultat».
Le chef de l’Etat a d’ailleurs commencé son laïus par la situation économique «qui s’améliore», sans doute pour montrer qu’il n’y a pas que la sécurité et les retraites qui le préoccupent, suppose le député savoyard. «Le Président a dit espérer que la prévision de croissance à 1,4% pour 2010 soit finalement revue à la hausse, notant et qu’à fin juin, elle était déjà de 1,2%». Et, côté déficits, Nicolas Sarkozy compte toujours passer sous la barre des 8% à la fin 2010.
Retour au sujet de préoccupation principale, la réforme des retraites, «bien engagée», selon le chef de l’Etat. Il a réaffirmé qu’il était hors de question de céder sur le départ à la retraite à 62 ans, «indispensable pour garantir l’équilibre du système», cite le député du Nord, Sébastien Huyghe. Les manifestations? Nicolas Sarkozy a vu et a entendu les inquiétudes. Il a même dit trouver «normal» qu’elles soient si importantes, dans la mesure où la réforme des retraites n’est pas catégorielle mais concerne tous les Français. «Ce n’est pas facile à accepter pour les Français. Mais c’est essentiel», a martelé le Président.
Le chef de l’Etat a d’ailleurs réaffirmé son soutien à Eric Woerth, dont il faut «respecter la dignité», et qui doit «tenir face à la meute». Dans cette réforme, il faut une «union sans failles de la majorité, pour faire face à l’opposition et aux partenaires sociaux», a précisé Nicolas Sarkozy, indique Lionel Tardy. Un appel au «rassemblement» et à «l'unité» qu’ont également noté d’autres participants.
«C'était un message de rassemblement, de consensus. Il y avait une douceur peut-être un peu inhabituelle dans les propos du président de la République, l'heure est à serrer les rangs», a relevé avec malice devant la presse la député villepiniste du Val-de-Marne Marie-Anne Montchamp. «Il a été très clair sur un message d'union et de rassemblement, en disant “dans une famille politique chacun a besoin de l'autre, on a besoin de tous"», a rapporté le député de Moselle, François Grosdidier.
Nicolas Sarkozy a ainsi tressé des lauriers à son ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, qualifié de «fantastique, courageux, solide», au moment où la presse cite comme possibles successeurs de François Fillon à Matignon Jean-Louis Borloo, Michèle Alliot-Marie ou François Baroin.
Il a également tenu à féliciter Xavier Bertrand pour avoir conclu l’accord UMP/Chirac/Mairie de Paris, et «remercié Jean-François Copé du fond du coeur pour son action à la tête du groupe» UMP, indiquant: «On doit se serrer les coudes. Les postes pour chacun peuvent évoluer.» Ce que beaucoup ont compris comme la manière de préparer les esprits à l’arrivée de Jean-François Copé à la tête de l’UMP, et celle de Xavier Bertrand au gouvernement.