Malgré l’été qui a passé, les Français restent remontés sur le gros dossier social de la rentrée: les retraites. Pour 73% d’entre eux, la mobilisation est justifiée, même s’ils sont 65% à craindre qu’elle n’aura pas d’impact sur la réforme. De son côté, pourtant, l’opposition fourbit ses armes et se prépare au combat, dans la rue et les hémicycles. Revue d’effectifs.
Qui?
En première ligne, les syndicats. Les organisations ont programmé une journée de grève et de manifestations mardi, et veulent surfer sur la vague de contestation actuelle pour mobiliser sur un sujet qui n’a généralement pas besoin de ça. La mobilisation sera «d'un très haut niveau, sans doute au-delà du 24 juin», a prédit ce lundi Bernard Thibault (CGT), qui promet «un tournant» si la journée est une réussite. Aux côtés des syndicats, défilera la gauche dite radicale et notamment le Front de gauche, à quelques jours de la traditionnelle Fête de l’Huma. Mercredi soir, ils retrouveront les verts et les socialistes pour un meeting unitaire, à Montreuil. Il y a «moyen de faire reculer le gouvernement», veut croire le porte-parole du PS Benoît Hamon. Les socialistes défileront également aux côtés de syndicats.
Quand?
Pour les syndicats, le premier rendez-vous est fixé mardi. Mais «le 7 septembre ne suffira pas. Si on veut obtenir satisfaction en matière de retraite comme sur d'autres dossiers, il faudra un rapport de force plus fort», a déjà prévenu Jean-Claude (FO). La suite du calendrier dépend directement de la réussite de cette journée de rentrée protestataire, mais une nouvelle journée de grève pourrait être organisée en octobre. Les syndicats se réuniront d'ailleurs mercredi, dès le lendemain de la journée d'actions. La bataille se livrera aussi dans l’hémicycle. Au moment où les banderoles envahiront les rues, les députés entameront à l’Assemblée l’examen du projet de loi sur les retraites. S’il est voté mi-septembre, le texte sera soumis au Sénat début octobre pour une adoption définitive à la fin du même mois.
Comment?
Dans le rapport de force qui les oppose à un gouvernement déterminé à aller au bout, les opposants au projet peuvent compter sur le soutien populaire. Encore faut-il que la participation à la journée de mardi le confirme. Un pré-requis nécessaire, mais pas suffisant. Raison pour laquelle les syndicats, réservés jusqu’à présent, ont fini par désavouer publiquement Eric Woerth, empêtré dans les affaires. Selon eux, le ministre du Travail n’est pas apte à mener de front ses combats personnels et une réforme de cette ampleur. Nicolas Sarkozy lui a toutefois renouvelé sa confiance et le ministre devrait rester en place jusqu’au remaniement de novembre, et donc porter ce dossier jusqu’au bout. Côté politique, la bataille parlementaire sera contenue par la procédure d’urgence décidée pour ce texte, mais il faudra tout de même examiner près de 700 amendements, dont 360 déposés par la gauche. Plusieurs associations et députés de gauche ont par ailleurs annoncé avoir saisi la Halde pour «discriminations envers les femmes» dans le projet de réforme des retraites, soulignant que les femmes avaient en moyenne des durées de cotisation validées beaucoup plus faibles que les hommes.