Ils ne pensent qu’à ça. Au remaniement. Les ministres bien sûr, qui se demandent à quelle sauce ils seront mangés mais les ambitieux aussi, qui espèrent pouvoir rentrer dans l’équipe de François Fillon… ou d’un autre Premier ministre. Les faiblesses des uns et des autres aiguisent les appétits, d'autant que ce changement pourrait intervenir avant octobre, comme annoncé. 20minutes.fr fait le point sur ceux qui font des pieds et des mains pour faire partie de l’aventure ministérielle.
Parmi les entrants, cités à de nombreuses reprises, il y a évidemment Alain Juppé. Le maire de Bordeaux n’a pas tu ses critiques contre le gouvernement notamment après le virage sécuritaire. Il vise un grand ministère, vu sa stature d’ancien Premier ministre, et lorgnerait sur le Quai d’Orsay. L’ex-judoka David Douillet fait également partie des favoris pour entrer au gouvernement. Lui aussi a critiqué la ministre des Sports, Roselyne Bachelot, et sa secrétaire d’Etat, Rama Yade, pour leur gestion du dossier «Bleus dans le bus». Nicolas Sarkozy apprécie beaucoup le député des Yvelines et lui-même a fait savoir que le «job» l’intéresserait.
Eric Ciotti a fait du zèle cet été pour se faire bien voir du gouvernement. Alors que Nicolas Sarkozy engageait son virage sécuritaire, le député des Alpes-Maritimes en a rajouté, avec une proposition de loi pour punir de prison les parents d'enfants délinquants multirécidivistes. Reste que sa sortie, avec celle de Christian Estrosi sur les maires est mal passée auprès de l’exécutif, qui a recadré et rappelé que la ligne à suivre était celle du discours de Grenoble, ni plus, ni moins.
Dans un jeu de chaises musicales pas si compliqué finalement, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, pourrait faire son retour au gouvernement au ministère du Travail, qu’il avait déjà fréquenté en 2007-2008. La position d'Eric Woerth apparaît plus fragilisée que jamais. «S’il vire Woerth, il devra mettre Bertrand à la place», assure à 20minutes.fr le député Eric Raoult. Quand Nicolas Sarkozy avait parlé de remaniement devant les députés en juillet dernier, il avait évoqué à la fois le gouvernement et l’UMP. Pour prendre la tête de l’UMP, c’est les grandes manœuvres: Jean-François Copé se positionne mais François Fillon pourrait également récupérer le «bébé» s’il n’est pas maintenu à Matignon.
Plus étonnant, le nom de Claude Guéant est évoqué dans ce futur gouvernement. Le secrétaire général de l’Elysée, proche parmi les proches de Nicolas Sarkozy, pourrait s’installer Place Beauvau où Brice Hortefeux n’a pas fait d’étincelles jusqu’à la séquence sur les Roms. Si finalement Hortefeux sauve sa tête au ministère de l’Intérieur à la faveur de son bon mois d’août, le préfet de formation pourrait prendre le ministère de la Défense, actuellement occupé par Hervé Morin. Le président du Nouveau Centre ne cache plus ses ambitions pour 2012 et cherche la meilleure date pour quitter le gouvernement. Nicolas Sarkozy pourrait lui faciliter la tâche.
Hervé Mariton reste prudent sur le sujet, mais c’est une évidence, un maroquin l’intéresse. Le député de la Drôme, lieutenant de Dominique de Villepin ces trois dernières années a d’ailleurs pris ses distances dernièrement. Il a indiqué par exemple qu’il n’adhérerait pas au parti de son ancien mentor, République solidaire. Sauf que Nicolas Sarkozy a déjà donné des gages à la frange villepiniste de l’UMP (si elle existe) en faisant entrer Georges Tron à la Fonction publique lors du dernier remaniement. Autre nom avancé, celui de Frédéric Lefebvre, le sempiternel «entrant» du gouvernement. Le porte-parole de l’UMP n’a plus de mandat depuis juillet dernier, quand André Santini, débarqué a récupéré son fauteuil de député des Hauts-de-Seine. Ce fidèle du chef de l’Etat se prépare, mais à chaque fois, ses espoirs sont déçus. Pour le chef de l’Etat, il semble bien plus utile, avec sa fameuse «liberté de parole» à l’UMP.