Personne n’y a échappé. Ni la gauche, évidemment. Ni les voix discordantes au sein de la droite. En clôture du Campus d’été de l’UMP, ce mardi à Port-Marly (Yvelines), François Fillon a violemment taclé le parti socialiste avant de recadrer ses troupes. En cette «rentrée si importante pour le pays», le Premier ministre ne digère plus les «attaques incessantes». Dans son viseur, ce sont d’abord les socialistes qui apparaissent. Coupables de ne «jamais avancer de propositions» et de manquer «de crédibilité» sur la question de la sécurité. «Martine Aubry martèle qu’une autre France est possible, je lui réponds qu’un autre PS est possible!», hurle-t-il devant la moitié du gouvernement présent.
C’est que, toujours englué dans la polémique sur les expulsions de Roms, le gouvernement connaît l’ampleur de la tâche qui l’attend. Il y aura la réforme des retraites à mener avant de réduire les déficits. «Nous savons avec Nicolas Sarkozy que nous prenons un risque», avoue Fillon. Le locataire de Matignon est, bien sûr, prêt à le prendre. A une seule condition: que personne ne bronche dans son propre camp. «Les petites phrases et les états d’âme, la majorité a le devoir de s’en dispenser. Douter aujourd’hui est inconcevable» Message à peine voilé à l’endroit de ceux – Fadela Amara, Bernard Kouchner ou Hervé Morin – qui ont émis des critiques sur la politique sécuritaire.
Jean-François Copé avait quitté les lieux, depuis bien longtemps, au moment du discours. Dommage, lui aussi est dans le viseur. Mardi, à l’heure du barbecue, le patron des députés UMP est venu souffler sur les braises de la désunion du mouvement populaire. «Je regrette que nous n’ayons pas une vraie université d’été sur trois jours, a-t-il lâché. Il y a besoin de penser à la réorganisation du parti, c’est certain.» S’il avait pris le temps de déjeuner sur l’herbe avec les jeunes, Xavier Bertrand en aurait avalé sa merguez de travers. «Dans notre camp, on n’aime pas les diviseurs, on n’aime pas les snipers», réagit le secrétaire général de l'UMP.
Mais on n’hésite pas à tirer à boulets rouges quand il le faut. «Jean-François n’est venu à aucune réunion du parti. Je trouve son attitude un peu paradoxale, nous confie Nathalie Kosciusko-Morizet. Les calculs personnels sont des calculs perdants.» Caution centriste du gouvernement, Marc-Philippe Daubresse est sur la même ligne. «A force de jeux de placement, on finit par ne plus jouer collectif et on perd le match…» Mardi, la majorité n’était encore qu’en stage de préparation. Mais si elle veut emporter la présidentielle de 2012, elle devra retrouver ce que Xavier Bertrand a coutume d’appeler «l’unité».
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