Ségolène Royal veut tester l'encadrement militaire des jeunes délinquants

COURRIER «C'est pas le boulot des militaires», rétorque le ministre de la Défense, Hervé Morin…

M.P. avec AFP

— 

Arrivée de Ségolène Royal à l'université d'été du PS, à La Rochelle le 27 août 2010.

Arrivée de Ségolène Royal à l'université d'été du PS, à La Rochelle le 27 août 2010. — XAVIER LEOTY / AFP

Et revoilà l’encadrement militaire des jeunes délinquants. Ségolène Royal a annoncé ce mardi qu’elle demandait au ministre de la Défense Hervé Morin d’expérimenter dans sa région, le Poitou-Charentes, cette mesure phare de son projet présidentiel de 2007. Une mesure qu’elle a remise au goût du jour lors du débat sur la sécurité au sein du PS, demandant au parti de reprendre cette idée dans ses futures propositions. Mais, la grande promotrice de «la politique par la preuve» préférerait l’expérimenter avant, d’où sa requête auprès d’Hervé Morin, formalisée dans une lettre, co-signée avec Maxime Bono, le maire de La Rochelle.

«C’est pas le boulot des militaires»

Sauf que le ministère n’a pas reçu cette fameuse lettre très formelle. «C’est quand même incroyable, toute la presse l’a et pas le ministère, dont elle n’a pas dû trouver l’adresse», fulmine-t-on à la Défense. «Nous souhaitons vous proposer de lancer une expérimentation sur l'encadrement militaire des délinquants, dans le régiment de La Rochelle dont vous aviez annoncé la fermeture et qui pourrait ainsi être maintenu sur cette mission valorisant le savoir-faire d'encadrement des militaires, sans remettre en cause vos choix concernant la stratégie de défense», affirme la missive. Les deux signataires souhaitent rencontrer «dans les meilleurs délais» le ministre de la Défense «pour que cette expérimentation soit lancée sans tarder».

Sur France inter, la socialiste a expliqué: «Comme ça, on n'aura plus de polémique. Je crois que les bonnes réponses à la sécurité sont les réponses qui fonctionnent, qui sont audacieuses et redonnent aux jeunes l'opportunité de se mettre debout et de reprendre le droit chemin». Cette requête devrait rester lettre morte puisque, interrogé sur le sujet dans le Fou du roi, sur France inter, le ministre de la Défense s’est contenté de répondre: «C’est pas le boulot des militaires». «Ce n’est pas le rôle des militaires actifs de se substituer à l’administration pénitentiaire», développe-t-on dans l’entourage du ministre. Les seuls militaires qui œuvrent à l’éducation des jeunes délinquants, ce sont ceux à la retraite, donc «plus rattachés à la Défense», dans les établissements de la seconde chance.   

Mots-clés :

Aucun mot-clé.