Elle n’y est pas allée de main morte. Pour son arrivée à la Rochelle, jeudi, Martine Aubry, numéro un du Parti socialiste, a vivement dénoncé les mesures sécuritaires du gouvernement.
Arrivant au siège du PS de Charente-maritime à la veille de l'ouverture de l'université d'été socialiste, Martine Aubry a parlé de «cet été honteux, un été de honte pour la France».
Invitée à commenter le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité, elle a répondu: «Il n'y pas que le discours de Grenoble, il y a tout tout ce qui s'est passé et ce qui se passe sur les Roms».
S'exprimant devant les militants de la Fédération, en présence de plusieurs ténors du parti, notamment Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon ou Claude Bartolone, elle a ajouté: «Les Français ne s'y sont pas laissés prendre. Ils ont compris que cette vaste opération de manipulation qui bafoue les valeurs de la République, qui abîme notre République, qui salit notre pays à l'étranger, avait sans doute pour objet de masquer les affaires et d'abord son échec sur la sécurité», a lancé Martine Aubry en ciblant le chef de l'Etat.
«Indigne de la République»
«Quand on utilise de manière aussi honteuse cette violence dans les mots, ces procédés oratoires parce qu'on n'est pas capable de régler le problème, c'est indigne de la République», a dit la première secrétaire, dont le discours sur l'offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy était très attendu. «Notre pays a une autre maturité, on ne lui racontera pas d'histoire, il attend que les valeurs de notre République soient à nouveau portées haut», a-t-elle ajouté.
L'ambiance de l'université d'été cette année est d'une «particulière gravité», a encore dit la patronne du parti, soulignant que la rencontre, qui marque la rentrée des socialistes, a «deux messages: D'une part de dire aux Français ‘nous sommes avec vous’ et ‘nous serons tous sur le pont pour la manifestation le 7 septembre’» sur les retraites.
«Est-ce que je serai candidate? Les Français s’en foutent»
D'autre part, il s'agit de «montrer qu'un autre modèle est possible, que nous avons des propositions à faire». Le PS fera des «propositions d'ici la fin de l'année», notamment sur «la sécurité et l'égalité» et «pour reconstruire une France qui ne soit pas dans le déclin, qui fasse porter haut la justice et l'égalité». «Les Français verront qu'une autre France est possible», a lancé Martine Aubry.
La première secrétaire du PS est par ailleurs revenue sur les annonces faites mercredi sur sa décision de se présenter ou non aux primaires socialistes. «La France va mal, elle n'est pas sortie de la crise, la rentrée scolaire va être très difficile, la sécurité est une catastrophe et vous me demandez si je vais prendre ma décision de candidature en décembre ou en janvier?», a lancé la première secrétaire. «Les Français s'en foutent», a-t-elle conclu.