Le PS veut se sortir du «piège» de la sécurité

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Publié le 24 août 2010.

POLITIQUE - La direction socialiste ne veut pas se faire dicter son agenda par Nicolas Sarkozy mais n'a plus vraiment le choix depuis les prises de positions de Ségolène Royal...

Le Parti socialiste croise les doigts pour faire sa rentrée politique, ce week-end à La Rochelle, dans une ambiance apaisée. Sauf que le thème de la sécurité pourrait mettre la pagaille dans cette belle concorde retrouvée entre laxistes et réalistes. Depuis l’offensive sécuritaire de Nicolas Sarkozy fin juillet, le PS a décidé de ne pas répliquer, pour ne pas se faire instrumentaliser. Les socialistes se saisiront de la question lors d’un forum en janvier 2011. «On a décidé de ne pas suivre le calendrier imposé par les fièvres de Nicolas Sarkozy. La sécurité est un sujet trop complexe, trop grave pour l’évoquer en faisant battre l’estrade», explique à 20minutes.fr le M. Sécurité du PS, Jean-Jacques Urvoas. «On reste sur notre tempo, et on se concentre sur le sujet de la rentrée: le social et les retraites. On ne tombera pas dans le piège de la droite.»

Sauf que cette ligne, appliquée durant les trois premières semaines du mois d’août par l’ensemble des ténors socialistes, a volé en éclat en cette semaine de rentrée politique. Le député-maire d’Evry Manuel Valls a lancé le débat dimanche et lundi en réclamant une politique sécuritaire de gauche «assumant une politique répressive». Mais c’est surtout la sortie de Ségolène Royal qui a mis à mal la réserve du PS. Dans Le Parisien, elle a évoqué lundi une «ligne laxiste», faisant réapparaître le spectre d’une division sur le sujet au sein du PS. Ce mardi, sur France 2, elle est revenue à la charge estimant que «la gauche ne peut se contenter de critiquer et doit également proposer». Encore un coup pour se démarquer de la rue de Solférino? «Elle a jugé que le moment était venu pour elle d’intervenir dans le débat. Sa voix est très forte sur ces sujets, elle est crédible», souligne Guillaume Garot, député-maire de Laval et porte-parole de la socialiste, contacté par 20minutes.fr. En tout cas, c’est elle qui a choisi le timing. «Elle a la volonté de ne pas nier les problèmes des Français et d’y apporter des réponses», ajoute-t-il.

Aubry va parler sur la sécurité

Du coup, Martine Aubry ne pourra pas faire l’économie d’une intervention sur la sécurité lors de sa rentrée politique à l’université d’été du PS à La Rochelle. «La question ne sera ni évacuée, ni diluée mais mise au même rang des préoccupations des Français que sont les retraites, l’emploi, le pouvoir d’achat», explique à 20minutes.fr le bras droit de la première secrétaire, François Lamy. Si la maire de Lille ne devrait pas énoncer des propositions, elle devrait «affirmer qu’il n’y a pas de socialistes laxistes», insiste le député du Nord, qui estime que la stratégie du silence adoptée par le PS est la bonne: «On a bien fait, le débat est en train de se retourner contre Sarkozy». La première secrétaire serait de toute façon bien en peine d’énumérer des propositions, puisqu’elles sont en train d’être «affinées».

Des laxistes au PS? «Une vieille lune»

Le corpus sur la question devrait donc être présenté en janvier 2011. Au risque d’être à contretemps? «La sécurité ne sera jamais une question qui n’est pas d’actualité», rétorque Jean-Jacques Urvoas. Et d’insister: «Il faut être crédible sur le sujet au moment où l’élection va se jouer, pas en août ou septembre 2010.» Et pour obtenir cette crédibilité, il compte sur ce fameux forum, qui proposera des idées après consultation des élus locaux socialistes. Car si au niveau national, les Français ne font pas confiance au PS pour résoudre les problèmes de sécurité, «au niveau local, on est crédible, puisque nos candidats sont réélus», rappelle le député du Finistère. «Ce seront des idées déjà testées, qui fonctionnent et peuvent être nationalisées», ajoute-t-il.

«Ségolène propose au PS de reprendre la matrice de ses idées de 2007, de les actualiser et de les enrichir, explique Guillaume Garot. En 2007, elle était en avance sur le sujet, depuis, les socialistes ont fait du chemin. Il faut continuer à avancer». Pour lui, les «socialistes ne sont pas démunis sur la sécurité. Il faut simplement ne pas suivre la ligne laxiste qui ramène tout à des considérations sociales et nie la responsabilité individuelle». «Il n’y a pas de ligne laxiste au PS, c’est une vieille lune», tranche Jean-Jacques Urvoas. Tout l’enjeu est de le prouver aux Français.

Maud Pierron
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