Jean-Vincent Placé: «C'est la fin des bisbilles»

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Publié le 21 août 2010.

POLITIQUE - Le n°2 des Verts estime qu'il est temps de parler du fond...

C'est l'un des très proches de Cécile Duflot. «Son homme de main», disent ses meilleurs ennemis, qui n'hésite jamais à dézinguer quand il estime devoir le faire. Au risque de créer des polémiques, notamment avec Daniel Cohn-Bendit. Reste qu'en ce jour de clôture des journées d'été, Jean-Vincent Placé affiche volontairement un profil rassembleur. En coulisses, les discussions entre Verts et non-Verts sur la structure du futur mouvement restent âpres.

Quel bilan tirez-vous de ces trois jours?
Très positif, évidemment. Il y a eu beaucoup d'échanges, de débats, de travail. On voit qu'un sentiment d'unité se dégage et qu'il y a une satisfaction d'appartenance à ce mouvement.

>> Retrouvez ici les quatre points de débat qui agitent la mouvance écolo

Il y a quand même eu des tiraillements, notamment entre vous et Daniel Cohn-Bendit
Je reste sur l'unité. L'unité et le rassemblement des écologistes se concrétise par une ligne politique claire, une stratégie claire avec un candidat à la présidentielle qui sera désigné après des primaires en 2011. C'est la fin de la séquence de bisbilles qui ont pollué le mouvement au printemps dernier. Les militants ont manifesté le désir de sortir de cette séquence interne pour qu'on se tourne vers les Français. Et c'est normal quand on voit la crise économique et sociale à laquelle nous sommes confrontés. Ils nous appellent à parler du fond.

Le débat qui a agité les écologistes, c'est sur la forme de la future structure: une direction unique, comme le souhaitent les Verts ou une co-direction, comme le souhaite Dany Cohn-Bendit. Vous en êtes où?
Tout n'est pas définitivement calé. Mais il y aura une direction unitaire, rassemblée, correspondant à l'ensemble des talents du mouvement. L'enjeu, c'est de mettre les meilleurs talents aux meilleures places. Le reste se fera de manière naturelle. Il y a un consensus de fait. Une codirection, je ne sais pas... Bien sûr, il faut une communication affichée, mais je crois que c'est un débat subsidiaire.

Pierre Moscovici a évoqué vendredi soir à la tribune la possibilité d'un accord pour un groupe parlementaire, ça a dû vous faire plaisir...
Le débat n'est pas sur le groupe parlementaire. Il faut qu'on trouve un accord sur le fond pour réussir à battre Nicolas Sarkozy en 2012. Ce qu'a dit Pierre était très intéressant, qu'on ne pourrait pas gagner seuls, les uns et les autres, en 2012. Mais il faut qu'on trouve l'équilibre entre l'homogénéité et les convergences de la diversité de la gauche.

Comment comptez-vous y parvenir?
L'année 2011 sera consacrée sur le fond, au projet radical et écologiste. Nous avons besoin de crédibiliser notre projet, d'expertiser, de globaliser notre projet. On doit davantage travailler sur certains thèmes comme la macro-économie, la fiscalité, la politique étrangère, la sécurité. Il faut donc beaucoup de travail et en parallèle, voir les convergences. Il faudra être subtil.

Y-a-t-il des tabous à faire sauter chez les écologistes?
Bien sûr, sur les questions internationales notamment. On ne peut pas seulement être dans la protestation pour revendiquer l'indépendance de tel ou tel peuple. Il faut aussi montrer que la conversion écologique de l'économie, ce n'est pas qu'un slogan. Il faut qu'on montre concrètement qu'on peut crée des emplois, par exemple.

Propos recueillis par Maud Pierron, à Nantes
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