«On arrivait à ces journées d'été pour discuter de la forme du futur mouvement, on pensait passer trois jours à négocier dessus, mais dès le premier jour, ça a été réglé, on a décidé d'une structure unifiée. Ça a été une surprise. Mais du coup, on s'est retrouvé à discuter de l'étape d'après, la direction, sans y être préparés. Donc ça a créé des suspicions et des malentendus entre nous». La confession est d'un proche de Daniel Cohn-Bendit, qui tente d'expliquer l'agitation qui entoure le co-président du groupe des Verts au Parlement européen et l'entourage de Cécile Duflot. Partis trop vite au risque de se crasher, les écolos? «Il y a eu une sortie de route, mais ça a été recadré», analyse ce fin connaisseur des arcanes écologistes.
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Dans l'après-midi, Cohn-Bendit a utilisé le mot «démission», ce qui a mis en émoi quelques Verts. «C'était une blague», dédramatise Yannick Jadot, collègue de «Dany» au Parlement européen. «Ce qui est vrai, c'est qu'il a mis la pression sur le fait qu'il ne veut pas d'une direction unique pour le futur mouvement, il ne veut pas d'une sorte de deal: aux Verts le parti, aux non-Verts la candidature», explique l'eurodéputé. Daniel Cohn-Bendit a même été plus clair, il a réclamé l'abandon de tout idée de ticket pour la présidentielle 2012 et une codirection dans le futur parti, avec «Cécile Duflot et Yannick Jadot». Sinon, il redeviendrait un simple «militant».
Même si dans la matinée, Cécile Duflot avait souligné le «génie cristallisateur» de «Dany», la température s'était drôlement refroidie vendredi entre les deux personnalités du mouvement. A tel point qu'ils ont dû improviser un tête-à-tête dans l'après-midi, dans le centre-ville de Nantes. La secrétaire nationale des Verts «s'est sentie attaquée», dit-on, par les attaques de «Dany» sur le ticket avec Eva Joly pour 2012 qu'elle a elle-même évoquée pour 2012. «Il fallait qu'ils aplanissent leurs différends.»
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Apparemment, la discussion a été féconde. Les deux têtes de gondoles des écologistes sont arrivés avec un gros quart d'heure de retard pour le débat en plénière: «Quel rassemblement, quel projet», où ils intervenaient, avec Pierre Moscovici pour le PS, Corinne Lepage de Cap 21, Pascal Bessac, porte-parole du PCF et Corinne Morel d'Arleux, pour le NPA. Placés côte à côte sur la tribune, Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit ont multiplié les messes basses entre deux interventions. La secrétaire nationale des Verts a d'ailleurs eu une sortie qui a dû ravir l'eurodéputé: « anticapitalisme, gauchisme, sociale-démocratie, c'est peut-être la chaleur, mais je fatigue de ces mots». Une déclaration pas anodine puisque Jean-Vincent Placé et Dany, un proche de Cécile Duflot, se querellent sur la ligne du futur parti, le premier l'annonçant «antilibéral», le second refusant toute étiquette mais lorgnant sur les centres. Un peu plus tôt, la patronne des Verts avait dit devant les caméras: «moi je ne suis ni gauchiste, ni anticapitaliste, ni libérale» mais «profondément écologiste».
Les «discussions avancent», confirme Yannick Jadot, qui refuse d'évoquer son avenir personnel, se contentant d'affirmer: «On va vers un tandem équilibré à la tête du parti, qui prouve que pas une partie n'a gagné sur l'autre, pour se projeter avec enthousiasme vers l'avenir». Même enthousiasme du côté d'Yves Cochet, qui confiait vendredi soir sentir un «enthousiasme des militants» si fort «pour une organisation unifiée» qu'il l'emporterait face aux «nuances de vocabulaire et d'orientations des uns et des autres».