De notre envoyée spéciale à Nantes
C’est une inquiétude qu’ont certains. Mais il y en a d’autres qui peuvent s’en occuper, comme Jean-Paul Besset, Yannick Jadot ou Pascal Durand, qui sont majeurs et vaccinés. Je dis simplement que ce n’est pas ma culture de marchander, de négocier des postes. Moi, je ne veux pas de postes. Culturellement, il y a des choses que je ne comprends pas. Les Verts sont des malades de l’organisation. Quand on dit: «ok on fusionne, mais le secrétariat national va à Duflot», je ne comprends pas. Dans toute l’Europe, les partis verts fonctionnent avec une co-direction. Imaginez si moi, j’avais dit, «je veux être seul à la tête des Verts»: ça aurait provoqué un tollé...
Bien sûr qu’il y a un risque. Je le prends. De toute façon, Europe Ecologie doit apprendre à vivre sans moi. D’autres choses m’attendent au niveau de l’Europe (on parle de lui pour prendre la présidence du parlement européen, Ndlr). Il faut que les gens s’impliquent, prennent leurs responsabilités.
Le truc, c’est qu’on dit: «Dany, on a besoin de tes idées.» Mais dès que j’ai une idée qui n’est pas «vert correcte», c’est le bordel. Par rapport à l’atelier sur le sport où je voulais inviter Rama Yade, ça a provoqué un bordel. Mais c’est un épiphénomène, ça aurait été drôle et les gens se seraient dit: «Tiens, ils parlent de la même chose que nous.» Mais tout est figé dans le politiquement correct. Je prends mon indépendance, je dis ce que je pense, ça plait, ça plait pas.
Le tabou à faire tomber, c’est la ligne anticapitaliste. Il faut affirmer que la «ligne anticapitaliste», aujourd’hui, ça ne veut rien dire. On peut parler de transformation écologique de la société, mais on a besoin d’entreprises qui la prennent en charge. Toute réduction de la réalité par des slogans est néfaste à la politique. Il faut parler de la transition écologique et reprendre les débats qui agitent les sociétés pour y répondre, mais de manière différente. Y compris sur la sécurité, où il y a quelqu’un de très compétent sur le sujet chez les Verts, Stéphane Gatignon, le maire de Sevran.
Mais attendez, ça ne veut rien dire! Si Cécile Duflot avait été candidate, que je me ramène et que je dis, «je fais un ticket avec Cécile», tout le monde me serait tombé dessus. On aurait dit: «il est fou». Eva Joly, c’est une candidature, seule. Bien sûr qu’elle sera entourée mais c’est sa candidature. Comme ils n’ont pas réussi à imposer Cécile, ils coupent une jambe à Eva pour mettre une jambe de Cécile. C’est quoi cette histoire?!
Non, l’antisarkozysme, c’est négatif. Eva Joly, ce n’est pas que ça. Bien sûr, c’est le moment historique, il y a une recherche d’éthique et de responsabilité du bien commun qui traverse la société. Et Eva a une éthique en politique. Eva, elle représente, elle incarne l’idée d’Europe Ecologie.