De notre envoyée spéciale à Nantes
Ils sont tous venus, ils sont tous là... Même Daniel Cohn-Bendit, qui s’est pourtant interrogé sur sa présence à ces journées d’été de la mouvance écologiste, après que son invitation à Rama Yade pour un débat sur le sport a créé un tohu-bohu parmi ses camarades. Un peu à reculons quand même. «Je ne boude pas, je participe à des débats mais c’est vrai, il y a une lassitude chez moi de voir décortiquer les paroles de tout un chacun», confie-t-il ce jeudi à la mi-journée à quelques journalistes devant la fac de droit de Nantes, où se tient le rassemblement.
>> Retrouvez ici les quatre points de débat qui agitent la mouvance écolo
S'il garde cette allure juvénile - costume cris rayé, tee-shirt et basket – l’eurodéputé a la mine désabusée. «La chose que tout le monde doit comprendre, c’est que la construction du futur rassemblement ne passera pas par moi», dit celui qui a contribué à lancer Europe Ecologie lors des européennes de 2009.
«Je fais de la politique depuis 40, c’est pas à moi qu’il faut demander la solution», raille-t-il, ajoutant, plus sérieusement: «culturellement, les problèmes d’organisations, de savoir qui est secrétaire national ou trésorier, c’est pas ma tasse de thé.» Il fait un pas de côté mais c’est pourtant bien lui qui avait lancé l’appel du 22 mars, pour proposer la création d’une «coopérative politique» unissant les Verts et Europe Ecologie. Mais la proposition a été reçue par de telles réserves – c’est le moins qu’on puisse dire - chez certains Verts, notamment le n°2, Jean-Vincent Placé, qu’il baisse les armes, fatigué des «phrases définitives».
Si Cécile Duflot a assuré dans la matinée devant les caméras qu’il n'y avait «aucun problème» dans le rassemblement, Daniel Cohn-Bendit, a répliqué: «si, il y a des problèmes à régler» mais «ils n'ont pas besoin de moi pour les régler». Reste que même en retrait, Cohn-Bendit n’a pas totalement l’intention de lâcher son «bébé» aux Verts Canal historique et profite de sa force médiatique pour interpeller ses camarades. Notamment sur la ligne «anticapitaliste» avalisée pour le futur mouvement selon Jean-Vincent Placé, le n°2 des Verts (lire ici le récit de l’opposition entre les deux hommes). Quant à la forme de la future organisation, il veut éviter qu’elle ressemble de trop près aux Verts. Rappelant qu’en 2009, en Ile-de-France, «plus de 50%» des adhérents Verts n’ont pas renouvelé leurs adhésions, il lâche: «alors ne me dite pas que le modèle, c’est les Verts».
«Est-ce qu’on va faire une peau de chagrin d’Europe Ecologie, demande-il à l’assistance. Je n’ai pas la solution, mais qu’on essaye de se creuser la tête!», réclame-t-il, parlant d’un «devoir d’invention». Pourtant, il reste un indécrottable «optimiste » car «il y a un besoin, énormément d‚attente». «Ils y arriveront», veut-il croire, prenant bien soin de ne pas s’inclure dans le processus.