Corinne Lepage: «Je crains un virage trop à gauche» d'Europe Ecologie

POLITIQUE La présidente de Cap 21 et ancienne vice-présidente du Modem, est invitée aux Journées d’été du mouvement qui débutent ce jeudi…

Propos recueillis par Maud Pierron

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Corinne Lepage, présidente de Cap21.

Corinne Lepage, présidente de Cap21. — WITT / SIPA

Vous êtes invitée des Journées d’été d’Europe Ecologie pour discuter du projet et des alliances éventuelles…
Moi je viens pour discuter du fond, essentiellement, car ça passe avant les questions d’alliances, et de manière très ouverte. Je suis écologiste depuis trente ans donc, ma présence à ces journées me paraît logique. Ce qui est important dans ces discussions, c’est de voir si on est capable de se mettre d’accord sur un projet commun. Un projet réaliste qui réponde aux besoins des Français, à tous les besoins, y compris la sécurité. Nous en débattrons vendredi pour voir si nous partageons les mêmes objectifs.

Quels sont les vôtres?
Je souhaite un changement de modèle de développement, un projet de transition, qui contribue également à rétablir la République sur ses bases. Pour cela il faut travailler sur le projet avec les Français, le plus largement possible, avec le monde syndical, consumériste et même économique. En revanche, les questions de personnes et les petits arrangements entre amis m’intéressent peu.

«Un pacte passé entre EE et les Verts»

Et Europe Ecologie s’y intéresse trop?
A vrai dire, je suis un peu inquiète par ce que je lis en ce moment, notamment quand j’entends que Jean-Vincent Placé veut bien d’Eva Joly en candidate à condition qu’elle affirme ses positions antilibérales. Il y a le Nouveau Parti anticapitaliste pour ça. De même, je ne peux pas m’associer à la position d’Yves Cochet sur la décroissance. Je crains un virage trop à gauche, avec par exemple la position des Verts sur les retraites et cela me paraît très loin des positions de Daniel Cohn-Bendit. D’ailleurs, le recul de Daniel Cohn-Bendit au sein du mouvement est pour moi un aveu d’échec. Même ma présence a fait débat, alors que je viens simplement discuter, sans exclusive. J’imagine les écologistes comme des passeurs, tous ceux qui soutiennent le projet doivent pouvoir participer. Et je ne sais pas si l’on s’achemine vers ça.

Il y aurait un mouvement de repli au sein d’Europe Ecologie?
Oui, j’ai l’impression qu’ils se referment sur eux. Qu’il y a un pacte passé entre Europe Ecologie et les Verts: à EE la candidature à la présidentielle, aux Verts le projet et le mouvement. Cela, plus la crainte de ce virage trop à gauche, rend difficile un vaste rassemblement des écologistes. Mais attention, je ne veux pas être dans l’invective, j’ai vraiment envie d’échanger. Il ne faut pas de sectarisme face au sarkozysme.

Vous n’avez pas l’air très optimiste?
Europe Ecologie a été un succès formidable aux européennes, qui a suscité beaucoup d’espoir, créé un souffle nouveau. Aux régionales, c’était déjà beaucoup moins bien au niveau des résultats. CAP21 a eu du mal à trouver sa place et n'a pas réussi à faire la jonction entre les démocrates et les écolos, face à la fermeture des Verts. Il faut bien se rendre compte qu’Europe Ecologie, en tant qu’organisation, n’existe pas. Et les Verts ne voulaient pas d’une force organisée, même plus petite, qui rentre dans le jeu. Mais compte tenu des défis auxquels nous sommes confrontés, du rôle que la grande famille de l’écologie doit jouer dans la solution des problèmes Français, j’espère bien que nous parviendrons à un très vaste rassemblement autour du programme de transition.

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