Campagne électorale mouvementée chez les Jeunes pop

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Publié le 27 juillet 2010.

POLITIQUE – Mike Borowski, l'un des opposants à Benjamin Lancar, dénonce des fraudes, démenties par la direction...

Et c’est reparti comme en 2008… La campagne interne des Jeunes pop, le mouvement des jeunes de l’UMP,  dérape. Il y a deux ans, après une campagne houleuse, c’était l’UMP qui avait sifflé la fin de la récré en imposant l’union des différentes listes. Pour le plus grand bonheur de Benjamin Lancar, qui se représente pour un nouveau mandat de deux ans. Un mandat stratégique puisqu’il s’agira d’accompagner la campagne présidentielle du futur candidat de l’UMP. D’où la multiplicité des listes: six en tout qui seront départagées les 19, 20 et 21 août.
 
Cette fois, les attaques ont débuté après l’élection des 1.600 conseillers nationaux, le 18 juillet dernier. Les cinq listes concurrentes à Benjamin Lancar dénoncent des fraudes et des irrégularités, comme le rapporte le Nouvelobs.com, qui suit pas à pas la campagne interne, et Lyon Capitale. Ces conseillers nationaux ont une importance cruciale, puisque ce sont eux qui sont amenés à élire le président des Jeunes Pop.

11.000 ou 25.000 adhérents?

«Des personnes ont voté trois ou quatre fois, certains avaient plus de 30 ans alors que c’est interdit, on a obligé des personnes à se présenter, et certains avaient trois ou quatre procurations quand on a le droit de n’en présenter qu’une», explique à 20minutes.fr Mike Borowski, candidat au poste de Benjamin Lancar. Résultat: il n’a pas été élu. «Il fallait me faire perdre car je suis le principal opposant à Lancar, le favori, celui qui représente le plus de danger», assure-t-il. Candidat malheureux, il a finalement déposé un recours devant la commission des élections, qui a été accepté et finalement validé son élection. Mais il garde ce mauvais coup en travers de la gorge, fomenté, d'après lui, par l’équipe de Benjamin Lancar, lequel ne serait pas «très serein». «Le climat est pesant, pas très sain au sein du mouvement. On entend beaucoup de choses. Mais que voulez-vous, c’est la politique», philosophe-t-il. Dans Lyon Capitale, des adhérents des Jeunes pop de la fédération du Rhône évoquent des candidatures supprimées de manière «abusive» par la direction et le quotidien évoque plusieurs cas de fraudes, dans «l’Ain, Rhône, Isère, Seine-Saint-Denis, Yvelines, Allier, Hérault» et deux recours intentés, dont celui de la Seine-Saint-Denis.

«Fantasmes et rumeurs» pour Lancar

Des accusations démenties par le clan Lancar, évidemment. «Je regrette ces rumeurs, alors que nous menons une campagne de terrain», se défend Camille Bedin, colistière du président des Jeunes Pop, contactée par 20minutes.fr. Sur le recours déposé par Mike Borwski, elle estime que «c’est la preuve que tout se passe de manière démocratique: heureusement qu’on peut déposer un recours et qu’on peut le gagner», mais «dans le Rhône, ce sont des rumeurs odieuses, qui n’ont aucun fondement». «Fantasmes et rumeurs», répond également Benjamin Lancar, contacté par 20minutes.fr. Accusé par des opposants d’utiliser des «méthodes trotskistes», il réplique, fidèle à sa ligne de conduite: «Trotskistes moi? Non, ce son les méthodes que Mediapart utilise contre Eric Woerth qui le sont». Le président des Jeunes pop regrette «le processus de délégitimisation de ce scrutin» et «lance un appel au calme». 
 
Pour apaiser les esprits, Mike Borowsky a des idées. «Si Benjamin Lancar est si serein, qu’il accepte que le président des Jeunes pop soit élu directement par les militants et, surtout, que le vote se déroule à bulletin secret, dans des urnes à l’ancienne, et non par votes électroniques, qui peuvent être bidouillés.» L’élu du 93 dénonce un «président fantôme» qui a fait chuter le nombre d’adhérents, passé de 36.000 en 2007 à 11.000 actuellement, alors que le mouvement en revendique 25.000. «Que ça ait baissé par rapport à 2007, année d’élection, c’est logique, mais il y a plus d'adhérents que ça», nous assure Camille Bedin. Elle attend un «débat de fond» des autres candidats et non ces «attaques». «C’est d’autant plus dommage parce que cette année, contrairement à il y a deux ans, il y a six listes, ce qui est une  preuve de démocratie.»  

Maud Pierron
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