«C'est un grand jour, vous vous souviendrez de ce Conseil des ministres.» Nicolas Sarkozy était enthousiatse, ce mardi, pour évoquer la réforme des retraites, reléguée au second plan par l'affaire Bettencourt, lors sa présentation en Conseil des ministres. Un examen qui est intervenu au lendemain d'une intervention du chef de l'Etat inflexible sur les mesures phares du projet de loi au cours de laquelle a réaffirmé que ce serait bien le ministre du Travail, Eric Woerth, qui continuerait à porter la réforme, qualifiant de «calomnie» les soupçons à son encontre dans l'affaire Bettencourt.
Nicolas Sarkozy a également demandé aux membres du gouvernement de «se mobiliser afin d'expliquer cette réforme à nos concitoyens», a précisé Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, lors de son compte rendu du Conseil des ministres. Le ministre du Travail, Eric Woerth, a ensuite présenté sa réforme des retraites, qui sera examinée par le Parlement en séance plénière à partir du 7 septembre.
Quant au contenu du projet de loi, il n'a pas bougé depuis son dévoilement à la mi-juin: il prévoit notamment un recul de l'âge légal de départ à 62 ans, un alignement du taux de cotisation des fonctionnaires sur celui du privé et de nouvelles recettes à hauteur de 4 milliards d'euros par an. Sur les deux premières mesures, Nicolas Sarkozy a prévenu: «les 62 ans, nous n'y toucherons pas» et «l'équilibre des cotisations public/privé, c'est une question de justice, on ne peut pas y toucher».
Les organisations syndicales comptent rappeler mardi leur vive opposition au projet du gouvernement: sept syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Unsa, Solidaires et FO) ont appelé leurs adhérents à participer à des rassemblements. La plupart des dirigeants nationaux seront présents à une réunion symbolique devant le ministère du Travail à Paris. Des rassemblements sont également prévus en province.
Pour l'instant, malgré une contestation montée d'un cran -entre 797.000 et 2 millions de personnes ont manifesté le 24 juin contre la réforme-, Nicolas Sarkozy est resté inflexible sur l'ossature de son texte et a prévenu que les futures manifestations n'y changeront rien. Il n'a ouvert la porte qu'à des évolutions sur certains points précis, comme celui de la prise en compte de la pénibilité au moment du départ à la retraite.
Au-delà de l'étape formelle du Conseil des ministres, c'est au Parlement que va se jouer le sort de la réforme. Le projet de loi sera examiné du 20 au 22 juillet en Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale, avant le débat en séance plénière à l'Assemblée début septembre.
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