Ces ministres qui ont démissionné pendant la tempête

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Publié le 8 juillet 2010.

CHRONOLOGIE - Pris dans des affaires, beaucoup ont dû quitter leur gouvernement ces dernières années. Pour être parfois blanchi par la justice...

Les «affaires» sont presque un fait culturel de la vie politique française, noux explique l'historien de la politique Jean Garrigues. Rien que sur les vingt dernières années,  une dizaine de ministres a dû démissionner en raison d’une implication dans un scandale financier. Une sanction difficile pour ceux qui ont ensuite été blanchis par la justice. 20minutes.fr en fait la liste non exhaustive.


En mai 1992, c’est le sulfureux Bernard Tapie, alors ministre de la Ville qui démissionne, une semaine avant sa mise en examen dans l’affaire Toshiba.  Finalement, l’affaire se soldera par un non-lieu. Blanchi par la justice, il réintègre le gouvernement Bérégovoy le 26 décembre 1992.

Entre 1993 et 1995, le gouvernement d’Edouard Balladur aura particulièrement été touché par les scandales liés aux affaires financières. C’est Alain Carignon qui ouvre le bal des démissions en quittant son ministère de la Communication en juillet 1994. Le jeune loup du RPR est mis en examen pour «recel et complicité d'abus de biens sociaux» dans une affaire liée à la Lyonnaise des Eaux. En 1996,il est condamné à cinq ans de prison, dont quatre ferme, à cinq ans d'inéligibilité, et à 400.000 francs (environ 60.000 euros) d’amende pour corruption, abus de biens sociaux et subordination de témoin.

En octobre 1994, c’est Gérard Longuet, le ministre de l’Industrie qui est contraint à la démission puisque des enquêtes préliminaires sont menées sur sa villa de Saint-Tropez et qu’une information judiciaire est ouverte sur le financement du Parti républicain. Deux dossiers qui briseront la carrière de celui qui était présenté comme l’étoile montante de l’UDF. Et deux dossiers dans lequel l’actuel sénateur UMP a été relaxé. Pour sa villa, l’affaire a été clôturée en 1998 et pour le dossier du financement présumé illégal de l’UDF, la décision finale est tombée en mars 2010.

En novembre 1994, c’est Michel Roussin, secrétaire d’Etat à la coopération qui démissionne deux jours seulement avant d’être mis en examen pour «recel d’abus de biens sociaux» dans l’affaire des fausses factures des HLM de la ville de Paris, dont Jacques Chirac était maire, et des Hauts-de-Seine, alors fief de Charles Pasqua. Dans cette affaire précisément, il a été blanchi. Mais il a été condamné en 2006 à quatre ans de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics d’Ile-de-France pour corruption passive et active, en lien avec le financement du RPR.

En novembre 1999, Dominique Strauss-Kahn, membre de la «Dream team» du gouvernement Jospin démissionne du ministère de l’Economie, car son nom est cité dans l’affaire de la Mutuelle national des étudiants de France (Mnef). Il est accusé de faux et usage de faux pour avoir produit des documents antidatés justifiant son rôle de conseil - et donc sa rémunération - auprès de la MNEF. Finalement, en novembre 2001, le socialiste est relaxé. Le tribunal a estimé que les documents antidatés justifiant sa mission d’avocat résultaient de simples erreurs administratives. Reste qu'en 2000, le nom de l’actuel président du FMI avait également été mêlé au scandale de la cassette vidéo confession de Jean-Claude Mery, ce financier occulte du RPR. DSK avait reconnu avoir eu la cassette en sa possession, puis l’avoir perdue. Aucune suite judiciaire n’a été donné à ce feuilleton pour lui.

En juin 2002, cinq petites semaines après avoir installé ses affaires au secrétariat des Affaires européennes, Renaud Donnedieu de Vabres quitte le gouvernement après avoir été mis en examen dans une affaire de financement illégal du Parti républicain. En février 2004, le porte-parole de l’UMP  est condamné à 15.000 euros pour blanchiment d'argent mais il a été relaxé des poursuites de financement illicite de parti politique. En revanche, François Léotard a lui écopé de dix mois de prison avec sursis pour financement illégal du Parti républicain.

En janvier 2004, Pierre Bédier, le secrétaire d'Etat aux programmes immobiliers de la justice, doit également démissionner après sa mise en examen pour «corruption passive et recel d'abus de biens sociaux» dans une enquête sur des marchés publics dans les Yvelines. Il a été condamné en 2008 à 18 mois de prison avec sursis et six ans d'inéligibilité pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux.

Maud Pierron
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