Vivement les vacances. Alors que l’an dernier à la même époque, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy oscillait entre 41% et 53%, elle atteint difficilement cette année les 34%. Bien sûr, les «affaires» auxquelles ont été mêlés ses ministres ces derniers temps ont un effet dommageable sur l’opinion. Cependant, la mauvaise passe ne date pas d’hier. 20minutes.fr fait le point sur une année truffée de polémiques, d’embûches politiques et de révélations gênantes.
Dès septembre, l’année semble mal engagée pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Lors de l'université d'été de l'UMP, à Seignosse, Brice Hortefeux déclare, à propos d’un jeune militant d’origine maghrébine: «Lorsqu'il y en a un, ça va, c'est lorsqu'il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.» L’«affaire des Auvergnats» fait beaucoup de bruit (Hortefeux sera même condamné à 750 euros d’amende pour injure raciale), mais ce n’est que le début d’une longue série.
Début octobre, c’est au tour d’un autre ministre, Frédéric Mitterrand, d’être au centre de la controverse. En pleine affaire Polanski, un passage de son livre, La mauvaise vie, où il fait allusion au tourisme sexuel en Thaïlande, fait polémique.
Le même mois, l’affaire Jean Sarkozy fait la une des journaux pendant près de trois semaines: le fils cadet du président brigue la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epad). Le président est accusé de «népotisme», et donne l’impression de ne pas appliquer à ses proches ses propres convictions sur la «valeur travail». Jean Sarkozy abandonne finalement la course à la présidence.
Trois mois tout juste après la fin de l’affaire Jean Sarkozy à l’Epad, c’est au tour du double-salaire d’Henri Proglio de susciter un nouveau tollé. Gros sous et copinage sont toujours au centre de la polémique, qui finit à nouveau par faire reculer le pouvoir.
Le début 2010 n’est pas plus glorieux. Fin janvier, Dominique de Villepin est relaxé dans l’affaire Clearstream, et en février, l’assignation déposée par ce dernier pour atteinte à la présomption d'innocence contre Nicolas Sarkozy est rejetée, le président ne pouvant pas être jugé au cours de son mandat. Le chef de l’Etat avait parlé le 23 septembre précédent de «coupables» dans l’affaire Clearstream, alors qu’ils n’avaient pas encore été jugés.
Le même mois, le débat sur l’identité nationale, qui n’a cessé de faire polémique en faisant ressortir des propos à la limite de la xénophobie, est enterré à l'issue d'un séminaire gouvernemental. Ce débat, considéré comme un écran de fumée pour faire oublier un contexte économique plus que difficile, augure des échecs politiques à venir du Président.
Déstabilisée par les propos controversés de Marie-Luce Penchard sur la Guadeloupe, puis par la polémique Ali Soumaré, la campagne pour les élections régionales est mal engagée pour l’UMP dès le mois de février 2010. Au soir du 21 mars, la défaite se transforme en débâcle pour la droite: aucun des ministres candidats en région n’est élu. Même si il avait promis de tirer les leçons, Nicolas Sarkozy garde le cap et n’effectue qu’un remaniement «light» du gouvernement, ce qui fait dire aux analystes que le Président n’a pas entendu les critiques et les demandes de changement adressés par les électeurs.
En parallèle, les députés UMP grondent. Leurs griefs principaux: «Le manque de lisibilité des réformes», «le fouillis», «la taxe carbone», «l'ouverture». Pour calmer le jeu, François Fillon annonce l’abandon de la taxe carbone. Une reculade pour Nicolas Sarkozy qui avait annoncé lors de ses vœux de fin d’année qu’il n'était pas prêt à jeter l'éponge sur le sujet, et qui, côté écologie, a déjà subi en décembre l’échec flagrant du sommet de Copenhague.
A peine les nouveaux membres du gouvernement nommés, la révélation d’«affaires» reprend de plus belle. Premier de la liste: Georges Tron et son appartement HLM. Viennent ensuite le voyage en jet à 116.500 euros d’Alain Joyandet, les deux logements de fonctions de Christian Estrosi, celui de Fadela Amara, qui y héberge occasionnellement des proches, la chambre d'hôtel de Rama Yade, les cigares de Christian Blanc, et à nouveau Alain Joyandet avec cette fois un permis de construire illégal près de Saint-Tropez. Des révélations qui tombent mal, alors que, début mai, François Fillon avait annoncé sans le nommer un plan de rigueur au niveau des dépenses de l'Etat.
Dernier lot de révélations gênantes en date: le feuilleton de l’affaire Woerth-Bettencourt, qui arrive à nouveau au plus mauvais moment, alors que le gouvernement demande aux Français un «effort pour sauver les retraites», réforme phare du quinquennat de Nicolas Sarkozy.