Nicolas Sarkozy et Eric Woerth, alors ministre du Budget, le 2 mars 2010 à Laon.
Nicolas Sarkozy et Eric Woerth, alors ministre du Budget, le 2 mars 2010 à Laon. - AFP

M.P. avec AFP

Après les révélations de mardi sur l’argent en liquide qu’aurait touché Eric Woerth de la part de Liliane Bettencourt, la presse française réclame mercredi des explications et presse Nicolas Sarkozy de clarifier la situation. «Depuis trois semaines, la parole est à l’accusation», constate Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro. «Si Nicolas Sarkozy veut éviter la crise de confiance qui se dessine, il doit parler et se défendre face aux attaques», ajoute-t-il. Même constat, plus dur encore pour Patrick Apel-Muller de L'Humanité: ces «accusations sont désormais trop graves et trop précises pour n'être traitées que par le dédain ou l'arrogance».

«On brocardait ‘l'hyperprésident’, on s'alarme désormais d'un ‘infra-président’ et ce n'est pas moins inquiétant», estime Erik Izraelewicz dans La Tribune. «Pour que cette crise d'autorité ne dégénère en crise de régime, on attend la parole du président, et les actes», affirme-t-il. Et vite, de préférence, explique le Journal de la Haute-Marne: «Le chef de l'Etat ne peut plus attendre octobre pour relancer l'action d'un gouvernement paralysé par des affaires qu'il peut légitimement condamner mais qui, objectivement, lui font très mal». Et Patrice Chabanet d’ajouter: «Il faut maintenant un électrochoc».

«La panique règne au sommet de l'État»

Car la situation est grave, juge Bruno Dive dans Sud-Ouest: «Désormais, ce n'est plus le sort d'Eric Woerth, ni celui de la réforme des retraites qui se jouent. Mais tout simplement l'avenir du quinquennat et le destin de Nicolas Sarkozy». «Aussi bien pour son autorité dans le pays que pour son image au dehors, le sommet de l'Etat ne peut rester noyé dans les brumes de l'équivoque», juge André Schlecht dans L'Alsace.

Pour Rémi Godeau (L'Est Républicain), «parler ou se taire, remanier ou dissoudre, accélérer ou temporiser. La panique règne au sommet de l'État». Une idée partagée par Philippe Waucampt du Républicain Lorrain selon qui «vraies ou fausses, les révélations sur le ‘mécénat politique’ des Bettencourt emportent l'Elysée dans une spirale dont il est en passe de perdre le contrôle». «Depuis le début, Nicolas Sarkozy est en décalage ou à contrepied» souligne-t-il. «Dans cette situation à très haute tension, le ‘général’ Sarkozy n'a pourtant qu'un seul choix: monter au front pour tenter de sauver ce qui l'est encore », note Dominique Garraud dans La Charente Libre.