Alors qu'Eric Woerth estime qu'il n'a «rien à se reprocher», la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a appelé mardi soir le président Nicolas Sarkozy à dire la «vérité» sur l'affaire Bettencourt. «Je demande solennellement au chef de l'Etat de répondre et de trancher, cela lui revient», a affirmé Martine Aubry lors d'une rencontre avec les parlementaires PS à l'occasion de la fin de la session ordinaire.
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«Nous sommes dans une grave crise morale, alors que notre pays est dans une grave crise économique et sociale. On ne peut pas botter en touche. Maintenant ça suffit. Il faut que le président de la République dise les choses, dise la vérité», a insisté la patronne du PS. «Il faut qu'il réponde, et quelles que soient les conséquences, qu'il en tire véritablement des décisions pour que l'on puisse repartir dans de bonnes conditions, c'est dans l'intérêt de la France», a insisté le maire de Lille.
Martine Aubry a réitéré sa demande d'un «dépaysement de cette affaire dans un autre tribunal» Bettencourt, pour qu'«un juge indépendant puisse jouer son rôle» dans l'enquête. De son côté, le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a répondu au ministre du Budget, François Baroin, qui avait dans l'après-midi accusé le PS de faire le jeu de l'extrême droite ce qui avait provoqué le départ de l'hémicycle de la quasi-totalité des députés PS.
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«Je veux simplement dire à François Baroin, qui dit que nous avons franchi la ligne jaune et que nous faisons le jeu de l'extrême droite: nous jouons la carte des institutions démocratiques». «Il nous paraît normal que quand une crise politique a lieu - et c'est le cas en ce moment - que l'opposition exige des réponses concrètes et précises», a ajouté le député-maire de Nantes pour qui «ce n'est pas faire le jeu de l'extrême droite», mais «c'est faire fonctionner la démocratie».
«Nous sommes conformes avec les idéaux de ceux qui nous ont précédés, et puisqu'on cite souvent Jaurès et Blum, ils se sont battus aussi pour la vérité», a-t-il lancé.
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