Fluctuat nec mergitur. Le bateau du gouvernement tangue de plus en plus, mais il ne sombre pas. Eric Woerth a exclu de démissionner mardi sur le plateau du journal télévisé de TF1. Le matin même, l’affaire Bettencourt avait pourtant franchi un nouveau cap avec les révélations de l’ex-comptable de l’héritière de L’Oréal. Cette dernière assure que sa patronne aurait glissé une enveloppe de 150.000 euros en liquide à Eric Woerth en 2007 dans le but de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. «Rarement en colère», Eric Woerth a vigoureusement démenti ces « allégations ». «Je n’ai jamais rien reçu. Pas le moindre euro illégal. C’est de la violence et de la haine. Ça me dégoûte! a-t-il lâché. Il n’y a pas de raison que je démissionne!»
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Dans la tourmente depuis trois semaines, le ministre du Travail peut toujours compter sur un soutien sans faille du gouvernement. Tour à tour, Michèle Alliot-Marie, Luc Chatel et François Baroin sont descendus dans la fosse de l’Assemblée pour répondre aux questions des députés socialistes. Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, la tension semblait pourtant avoir gagné les rangs de la droite. Après Jean-Pierre Raffarin, Jean-François Copé a officiellement demandé au président de la République de prendre la parole sur ce sujet. Histoire de calmer les esprits.
En déplacement à Brie-Comte-Robert mardi matin, Nicolas Sarkozy s’est, pour l’instant, simplement contenté de dénoncer «l’horreur et la calomnie qui n’a que seul but de salir sans réalité.»
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Pourtant, «sur le plan politique, la situation est de plus en plus intenable», pense le député (UMP) François Goulard. Selon un sondage Ifop, 69 % des Français souhaitent en effet un remaniement « dès maintenant ou dans les prochaines semaines ». Ils risquent d’être déçus. Le gouvernement ne semble pas vouloir modifier les choses avant l’examen de la réforme des retraites à l’automne. Pour preuve, Eric Woerth a même assuré, mardi soir, qu’il défendrait le texte lui-même.
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