Ont-ils démissionnés de leur propre chef ou sur demande? Les deux secrétaires d'Etat Alain Joyandet et Christian Blanc ont quitté le gouvernement ce dimanche. Mais alors que ces décisions ont été présentées comme spontanées dans un premier temps, Luc Chatel est venu semer le trouble en fin de journée.
«Le président de la République et le Premier ministre ont décidé de tirer les conséquences d'évènements survenus ces derniers jours, que les Français n'ont ni compris ni acceptés», a affirmé le porte-parole du gouvernement. Selon lui, «après mûre réflexion, ils ont demandé à MM. Joyandet et Blanc, après avoir échangé avec eux, de démissionner».
Une demande qui aurait été formulée «dimanche», assure Luc Chatel. Mais quelques heures plus tôt, sur son blog, Alain Joyandet affirmait pourtant: «L’homme d’honneur que je suis ne peut accepter d’être victime d’un amalgame. Après mûre réflexion, j’ai décidé de quitter le gouvernement». Le secrétaire d'Etat annonçait même avoir «bien évidemment informé le Président de la République».
Son «ami de longue date», Dominique Paillé, affirmait de son côté apprendre une «triste surprise» et dénonçait les «attaques incessantes» et les «amalgames» dont a été selon lui l'objet Alain Joyandet, «mis en cause de manière insupportable». Une façon pour le porte-parole de l'UMP de faire allusion à ces fameux «évènements» que les Français n'ont pas acceptés et dont le chef de l'Etat et son Premier ministre affirment avoir « décidé de tirer les conséquences».
Du côté de Christian Blanc, en revanche, moins de cacophonie puisque le secrétaire d'Etat chargé du Développement de la région capitale est resté complètement silencieux. C'est en effet un communiqué de l'Elysée qui a annoncé la nouvelle dans la journée, confirmant du même coup celle concernant Joyandet.
«Les secrétaires d’Etat Alain Joyandet et Christian Blanc ont présenté leur démission du gouvernement. Le Président de la République et le Premier ministre ont accepté ces démissions», indique le communiqué présidentel, qui ne fait pas allusion à une quelconque demande émanant du sommet de l'Etat.
«Pourquoi ne pas avoir attendu le remaniement annoncé pour la rentrée? Pourquoi ces deux-là? Pourquoi pas les autres?», s'est interrogé Jean-Luc Mélenchon évoquant Eric Woerth et l'affaire Bettencourt. «Ca n'a factuellement rien à voir», a affirmé Nathalie Kosciusko-Morizet, qui indique que «dans les cas de Christian Blanc et Alain Joyandet, ils ont été mis en cause sur une mauvaise utilisation des deniers de l'Etat».
La secrétaire d'Etat et secrétaire générale adjointe de l'UMP estime que «dans le cas d'Eric Woerth, (...) on empile des faits les uns sur les autres pour en faire des soupçons et sur la base de soupçons on condamne». Pour NKM, «c'est bien» que les deux secrétaires d'Etat «aient pu prendre leurs responsabilités, ça permettra aussi de dire clairement que les choses sont différentes».