C’est la préférence familiale. Pour Jean-Marie Le Pen, sa fille Marine est «mieux carrossée politiquement» que Bruno Gollnisch. Ce qui explique le soutien du président du FN à l’élue d’Hénin-Beaumont. Si dans un premier temps le leader du FN n’avait pas voulu prendre parti pour l’un ou pour l’autre des candidats à sa succession, il affiche désormais ouvertement son choix. «On me pose la question de savoir (...) quel est celui qui est le plus adapté» aux fonctions de président du FN et de candidat en 2012, «eh bien j'ai dit que Marine Le Pen me paraissait mieux placée que Bruno Gollnisch», a-t-il expliqué à RFI.
Malgré ce soutien clair et net, Jean-Marie Le Pen feint de croire que «les liens familiaux n'ont aucune incidence sur cette campagne électorale». «J'ai la plus grande estime, la plus grande amitié» pour Bruno Gollnisch, qui «évidemment a sa place dans la direction du mouvement, quels que soient les résultats de l'élection», a-t-il ajouté. Des propos moins tranchants par rapport à ceux tenus mercredi dans France-Soir, lorsqu’il estimait que le problème de Bruno Gollnisch, «c'est que ses amis sont extérieurs au Front, parce qu'ils l'ont quitté», citant Carl Lang, Jacques Bompard ou Bernard Antony.
D’après le président du Front national, les deux candidats sont «d’accord» pour «respecter la ligne d’opposition nationale». «Mais il est évident que les questions de génération jouent: on n'a pas les mêmes références, on n'a pas les mêmes amitiés, on n'a pas les mêmes relations». Et de conclure: «C'est ça qui peut faire considérer que l'un des candidats a plus tendance à rajeunir la présentation des idées» du FN, a-t-il ajouté.
Jean-Marie Le Pen, 82 ans, quittera le parti début 2011. L’élection pour lui succéder se tiendra lors du congrès des 15 et 16 janvier 2011.