Les vice-présidents du FN Marine Le Pen et Bruno  Gollnisch arrivent pour la célébration de la Fête de Jeanne d'Arc, sur la place de l'Opera à Paris, le 1er mai 2010.
Les vice-présidents du FN Marine Le Pen et Bruno Gollnisch arrivent pour la célébration de la Fête de Jeanne d'Arc, sur la place de l'Opera à Paris, le 1er mai 2010. - AFP PHOTO / THOMAS COEX

Vincent Vantighem

C’est avec «plaisir» que le Front National a annoncé, ce mercredi, les noms des deux candidats officiels à la succession de Jean-Marie Le Pen. Sans surprise, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch seront les deux postulants à la présidence du parti lors du congrès qui se tiendra les 15 et 16 janvier 2011. «J’espère juste que la concurrence d’ici là sera loyale», nous a confié Bruno Gollnisch.

«Le premier étage d’une fusée»

Loyale ou pas, Marine Le Pen part, en tous cas, déjà avec une longueur d’avance. «Je suis créditée de 13 % de voix dans les sondages. C’est plus que Jean-Marie Le Pen avant 2002, rappelle-t-elle. Pour moi, cette campagne interne n’est que le premier étage d’une fusée qui doit nous mener à 2012...»

Et le décollage commence à inquiéter l’Elysée. Valérie Létard le sait bien. En mars, la secrétaire d’Etat s’est fait battre aux régionales par Marine Le Pen dans le Nord-Pas de Calais. «C’est un vrai danger, analyse-t-elle. Sous des dehors policés, elle est beaucoup plus dure que son père. Elle parle plus emploi qu’immigration. Elle fait quasiment un discours d’extrême gauche...» Résultat: la fille du président est créditée de 23 % d’intentions de vote chez les ouvriers, selon un sondage Ifop. «Avec la crise, le climat est en effet propice pour moi, sourit-elle. Ca nous permet d’envisager l’avenir avec optimisme.»