Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 25 mai 2010, à Paris
Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 25 mai 2010, à Paris - J.BRINON/SIPA

C. F.

Depuis la diffusion des enregistrements clandestins, chaque jour apporte son lot de révélations dans l'affaire Bettencourt. Et c'est l'Elysée qui est désormais atteint. En effet, «la présidence de la République aurait recommandé en octobre 2009 à l'entourage de la milliardaire le choix d'un avocat, en raison de ses relations personnelles avec le procureur de Nanterre, Philippe Courroye», indique ce mercredi lepoint.fr

Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, indique dans un enregistrement avoir recruté Me Paul Lombard «pour établir le contact avec le magistrat» et précise: «On l'a pris parce que l'Elysée m'avait dit qu'il avait un très bon contact avec le procureur, ce qui était vrai.» Selon le site, Patrice de Maistre ajoute: «On l'a utilisé.»

Nicolas Sarkozy a rencontré deux fois Patrice de Maistre

 

Cette information s'ajoute à celle révélée ce mercredi matin par le site du Nouvel Obs, indiquant que Nicolas Sarkozy aurait reçu personnellement à l'Elysée et à deux reprises Patrice de Maistre. C'est Pascal Wilhelm, l’avocat de Patrice de Maistre, qui l'affirme au nouvelobs.com, à la veille de l'ouverture du procès pour «abus de faiblesse» sur la milliardaire par le photographe François-Marie Banier.
 
C'est justement pour évoquer ce procès que le chef de l'Etat aurait rencontré Patrice de Maistre, selon pascal Wihelm. Plus précisément, «pour évoquer les conséquences, sur le groupe l’Oréal, du procès intenté à François-Marie Banier par la fille de Liliane Bettencourt».

En tête à tête

Un premier rendez-vous a eu lieu le 5 novembre 2008, en présence de Liliane Bettencourt, selon nouvelobs.com. Une seconde rencontre, dont la date n'est pas précisée, a eu lieu en tête à tête.
 
Dans les extraits sonores des enregistrements clandestins réalisés à l'hôtel particulier de Neuilly de l'héritière de L'Oréal et mis en ligne sur Mediapart, on entend Patrice de Maistre citer à plusieurs reprises Patrick Ouart, le conseiller judiciaire de Nicolas Sarkozy, qui «l'aime beaucoup» et le convoque au moins deux fois au palais de l'Elysée pour lui faire part des avancées de l'affaire sur le plan judiciaire. On apprend notamment que le procureur Courroye va annoncer le 3 septembre 2009 que la demande de Françoise Bettencourt-Meyers est irrecevable. Ce qui fut effectivement le cas. Dans un autre extrait, Patrice de Maistre explique à Liliane Bettencourt que Patrick Ouart lui a confié que «le Président [continuait] de suivre cette affaire de très près. En première instance, on [l'Elysée] ne peut rien faire de plus mais en cour d'appel, si vous perdez, on connaît très très bien ce procureur»...