A droite comme à gauche, les réactions vont bon train après les annonces de Nicolas Sarkozy sur la réduction des dépenses de l’Etat. Dominique de Villepin, fondateur de République solidaire, a estimé mardi que le président aurait pu éviter de commander «un nouvel avion de 180 millions d'euros». Un peu plus tôt, c’est le président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale qui avait regretté que Nicolas Sarkozy ne réduise pas son salaire.
Les annonces du président de la République sont un «rappel à l'ordre salutaire», a déclaré Dominique de Villepin sur France Inter, soulignant que «c'est bien que le chef de l'Etat ou le Premier ministre - c'est souvent le Premier ministre qui fait cela -, rappelle les règles de bonne conduite».
«Il y a un esprit d'économies qui doit être au rendez-vous de l'Etat et peut-être encore davantage au niveau des ministres qui doivent donner l'exemple», a ajouté l'ancien Premier ministre. Mais «est-ce que nous sommes au-delà du symbole? je n'en suis pas sûr», a-t-il dit.
Car «nous sommes en mesures d'économies qui se chiffreront en dizaines de milliers d'euros peut-être en centaines de milliers d'euros» et «si on compare par exemple à l'avion que vient de commander le président de la République, nous parlons-là de 180 millions d'euros!», a-t-il argué alors que le chef de l'Etat devrait disposer à l'automne d'un nouvel Airbus A-330 spécialement aménagé.
«Le président de la République aurait pu considérer que, dans cette période, il passait son tour et que l'un des grands chefs d'Etat des pays émergents (aurait été) ravi d'acheter cet avion. Nous aurions fait l'économie de 180 millions d'euros», a affirmé Dominique de Villepin, soulignant que Jacques Chirac s'était «contenté de moyens courriers».
De plus, a-t-il fait valoir, «il y a un problème évident derrière»: «dès lors qu'il y a qu'un avion de 180 millions d'euros, cet avion par définition connaît des pannes, des réparations». «Quel sera l'avion qui sera alors amené à se substituer?» alors que «traditionnellement il y a deux avions» présidentiels, a-t-il dit. «Dans une période de crise on aurait pu se contenter de garder la flotte ancienne», a-t-il conclu.