Nicolas Sarkozy est arrivé ce lundi après-midi dans le Var pour une visite de quelques heures, au cours de laquelle il a rencontré élus locaux et victimes des inondations meurtrières de la semaine dernière, et où il a notamment indiqué que le décret de catastrophe nationale serait signé mardi en ce qui concerne les 22 communes sinistrées.
«A partir du moment où il y a presque 30 victimes, on n'a pas été efficace. Des victimes, j'en ai vu beaucoup dans ma vie, mais là, j'ai été stupéfait», a déclaré Nicolas Sarkozy à la sortie d’une réunion à la mairie de Draguignan en présence notamment d’une dizaine de maires du secteur, d’élus locaux, du préfet du Var Hugues Parant, et des ministres Brice Hortefeux et Jean-Louis Borloo.
Un certain nombre de mesures sont ainsi ressorties de ce séjour express. «On ne construira plus en zone inondable tant que je serai Président. Si la zone est dangereuse, au niveau de l’Etat, nous interdirons les constructions. Je ne transigerai pas», a d'abord fait savoir le chef de l’Etat. «Cela fait des décennies qu’on a joué avec des victimes potentielles en n’appliquant pas le règlement. Ce temps est révolu».
«Il y a 10.000 plans de prévention des risques (PPR) en France, 6.500 réalisés, 3.500 en cours de réalisation. Ils seront tous mis en application sous trois ans», a ajouté Nicolas Sarkozy. Ces PPR seront assortis d'un plan communal de sauvegarde pour mieux informer les gens des risques.
En outre, la surveillance des cours d'eau français va passer de 20.000 à 30.000 km et une nouvelle génération de radars avec une procédure d'alerte pluie va être mise en place à Météo France sur des zones plus petites que les départements.
Côté indemnisations, un coordinateur national entre les victimes et les assurances va être nommé et le Fisac (Fonds d'Intervention pour les Services, l'Artisanat et le Commerce) va être mobilisé immédiatement avec un crédit de 10.000 euros par entreprise touchée, outre les aides sociales et fiscales qui leur seront aménagées.
Enfin, «tous les gens qui ont sauvé des vies seront décorés à l'Elysée avant le 14 juillet», a annoncé le chef de l'Etat qui devait terminer son séjour par une cérémonie œcuménique en hommage aux disparus à 17h30 à l'église Saint-Michel de Draguignan.
Draguignan était la dernière étape de son séjour de quelques heures dans le département sinistré. Nicolas Sarkozy a fait une première étape d’une vingtaine de minutes à Trans-en-Provence, où quatre personnes sont mortes dans les intempéries. Environ 400 personnes l'attendaient sur place, le Président allant à leur rencontre.
«On va vous aider», a-t-il répété aux habitants qui attendaient particulièrement cet acte de solidarité. «Cela fait plaisir de le voir», a indiqué à 20minutes.fr Claude, un retraité de 70 ans dont la maison se situe juste en face de la plaque commémorative de la dernière crue exceptionnelle de 1827.
Puis le chef de l’Etat s'est rendu sur un pont au-dessus de la rivière Nartuby, submergé la semaine dernière par les eaux, d'où il s'est fait expliquer la situation par le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants et maire de Toulon, Hubert Falco. Nicolas Sarkozy a ensuite pris la direction de Draguignan, dont il a visité la zone industrielle dévastée du quartier Saint-Hermantaire-Le Fournas, où l'attendaient des responsables d'entreprises.
Nicolas Sarkozy a de nouveau observé le lit de la Nartuby qui traverse la zone et où des plongeurs continuaient d'inspecter des carcasses de voitures. Il a ensuite salué des militaires, des pompiers et des sauveteurs, avant de repartir, après dix minutes passées sur place, pour rejoindre le centre de Draguignan, où il a été accueilli par environ 200 personnes.
En parallèle, un des conseillers du président, Maxime Tandonnet, devait recevoir en sous-préfecture une délégation intersyndicale de la prison inondée de Draguignan, dont le personnel s'inquiète d'éventuelles mutations à venir en juillet. L'intersyndicale a proposé ce lundi de nettoyer l'établissement pénitentiaire plutôt que d'être muté.