POLITIQUE - La polémique sur les propos d'Aubry sert à cliver les deux camps...
Comme si François Fillon,
Nadine Morano et Laurent Wauquiez n’avaient pas suffi dimanche. Xavier Bertrand a participé - de manière « extraordinaire » - à la traditionnelle conférence de l’UMP, ce lundi matin, pour dire tout le mal qu’il pense de
Martine Aubry.
Samedi, la première secrétaire du PS avait évoqué
un «Madoff qui donnerait quelques cours de comptabilité» en parlant de Nicolas Sarkozy. «Je souhaite qu’elle revienne sur ces propos, a donc réagi le secrétaire général de l’UMP. La vie politique n’a pas besoin d’injures publiques.»
Petits arrangements entre ennemis
Droite et gauche s’écharpent depuis deux jours sur l’utilisation du nom de l’escroc américain condamné à 150 ans de
prison, mais elles poursuivent en fait le même but: imposer
Martine Aubry comme la première opposante à Nicolas Sarkozy en vue de 2012. «Si Dominique Strauss-Khan se présente, il risque de déborder sur l’électorat de droite, décrypte ainsi François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice, un institut d’études politiques. Nicolas Sarkozy a bien compris que
Martine Aubry ne présentait pas ce risque...»
A gauche justement, on tente tout autant de jouer les vierges effarouchées. «Ce déchaînement de brutalité de l’UMP (...) doit cesser immédiatement, ont lâché, ce lundi, cinq secrétaires nationaux du PS dans un communiqué, rappelant dans le même temps que
Martine Aubry était «la première personnalité de l’opposition». Un jeu de dupes dont personne ne pourrait sortir gagnant. «
Ce débat de petites phrases est très très loin des préoccupations des Français, analyse François Miquet-Marty. En fait, cela risque de desservir les deux camps.»
Vincent Vantighem