POLITIQUE - Le chef de l'Etat a taclé François Mitterrand et Jacques Chirac...
«Si François Mitterrand n'avait pas ramené la
retraite de 65 à 60 ans, mon travail aujourd'hui serait beaucoup plus facile.» Cette phrase de Nicolas Sarkozy, prononcée dans «l'intimité» d'une réunion
avec un petit millier de militants UMP dans l'Oise mardi, a fait le tour de la sphère politique et médiatique. A dessein.
Alors que le chef de l'Etat s'était appliqué jusque-là à piloter le plus discrètement possible cette réforme-phare de sa deuxième moitié de mandat, il semble avoir sonné le début des hostilités. Il n'est pas fréquent en effet d'entendre un président en fonction critiquer ses prédécesseurs.
«Il a voulu faire plaisir aux militants»
Car Jacques Chirac, aussi, a fait les frais des attaques présidentielles. «Souvenez-vous qu'on se contentait de scores de 20% au premier tour des présidentielles»,
a encore lâché Nicolas Sarkozy mardi soir selon
Le Parisien.
«Il a voulu faire plaisir aux militants. Et puis il a du mal à se tenir. Ce n'est tellement pas lui de rester serein et au-dessus de la mêlée», analyse un spécialiste de communication politique pour 20minutes.fr
Une radicalisation du débat
D'autres y voient surtout le signe d'une radicalisation politique autour du débat sur les retraites. Expliquant ainsi que Nicolas Sarkozy soit sorti de sa réserve observée ces derniers temps.
«Les discussions étaient relativement pacifiques jusqu'à ce que le Parti socialiste
prenne radicalement position contre le report de l'âge légal, affirmant qu'il reviendrait dessus s'il était élu en 2012», analyse le spécialiste en communication et image politiques Jean-Paul Gourévitch.
Un tour plus politique
Pourquoi viser Chirac alors? «Ce que lui reproche Nicolas Sarkozy, poursuit le spécialiste, c'est de ne pas avoir eu le courage de mener des réformes impopulaires.» Et ce sans forcément obtenir de bons résultats aux élections en retour.
Nicolas Sarkozy donne ainsi un tour plus politique au dossier des retraites, se positionnant comme le seul chef d'Etat qui ait eu le courage de s'y attaquer de front. Avec le risque d'y laisser des plumes.
Catherine Fournier