Martine Aubry rencontrait les sénateurs socialistes ce mardi. En question notamment, le principe du non-cumul des mandats, auquel ils sont majoritairement opposés. Martine Aubry, elle, veut aller «jusqu’au bout». Elle affirmait au Parisien daté de dimanche que «la question du non-cumul est derrière nous, les militants ont tranché». Ces derniers ont en effet plébiscité la règle en octobre.
Malgré cela, la première secrétaire du PS a annoncé des dérogations «marginales», tout en envisageant une proposition de loi sur le sujet. «J'ai rappelé que pour nous, la règle, c'était qu'à l'automne 2012, lorsque les députés seront élus, l'ensemble du non-cumul s'appliquera», a-t-elle déclaré.
Entre-temps, il y aura des élections sénatoriales à l'automne 2011 pour renouveler la moitié du Sénat, avec une chance de victoire historique pour la gauche.
Or, les sénateurs estiment que le respect de la règle du non-cumul des mandats rendrait difficile la conquête de cette chambre... En effet, sur 116 membres, 33 sont maires, 16 patrons de département et 4 présidents de région, rappelle Le Parisien. Problème: les sénateurs sont élus par les grands électeurs, donc les maires, les conseillers généraux et régionaux. Et les sénateurs estiment qu’il est plus simple, pour être élu, d’être connu de ses électeurs, par son action locale.
«Si la droite cumule et que le PS ne le fait pas, autant courir un sprint en talon aiguille», alerte Didier Guillaume, sénateur et président du conseil général de la Drôme, dans les colonnes du quotidien.
Réponse de Martine Aubry: «Comme convenu depuis plusieurs semaines, nous allons regarder s'il y a quelques cas qui posent difficulté» mais «cela ne peut-être qu'extrêmement marginal».
«On va déposer une proposition de loi», a-t-elle ajouté. «Je pense que cela pourra beaucoup gêner la droite». Il s'agit de «voir si le président de la République, qui a dit qu'à titre personnel il était d'accord, le sera aussi à titre politique».