Jusqu'au bout, le suspense a été ménagé. Mardi à l'issue de son bureau national, le Parti socialiste a enfin abattu ses cartes en présentant ses propositions de réforme des retraites articulées autour d'un axe intangible: la retraite à 60 ans.
Un tabou peut-être, mais aussi un vrai point de consensus entre les différents courants du PS. «Nous nous opposerons de toutes nos forces à un report de l'âge légal au-delà de 60 ans, c'est une protection pour les Français», a martelé Martine Aubry. Ne pas toucher, donc, à l'âge légal de départ, mais donner la possibilité aux salariés qui le souhaitent de travailler au-delà. Une retraite à la carte, qui permettrait à la fois «de protéger les plus fragiles et de laisser le choix aux individus», selon la numéro 1 du parti.
Le point de clivage entre les socialistes demeure l'allongement de la durée de cotisation. Aussi bottent-ils en touche et décident... de ne rien décider, du moins jusqu'en 2020. En revanche, une hausse des cotisations réparties entre patronat et salariés est envisagée à partir de 2012. Cette mesure hérisse le Medef et a, jusqu'à présent, été écartée par le gouvernement. Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, n'a d'ailleurs pas résisté à un bon mot un peu facile, y allant d'un cinglant «la carte coûte plus cher que le menu».
Pas de quoi couper l'appétit des socialistes, qui lorgnent les recettes des entreprises pour abonder le fonds de réserve des retraites. Comme l'avait promis lundi Benoît Hamon, elles seront mises à contribution, tout comme les banques, assujetties à une surtaxe de 15% de l'impôt sur les sociétés. Le projet prévoit, en outre, de supprimer certaines exonérations de cotisations sur les stock-options, la participation ou les parachutes dorés. L'ensemble de ces mesures permettrait, selon le PS, d'atteindre l'équilibre du système, qui nécessite 45 milliards d'euros à l'horizon 2025.
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