Nicolas Sarkozy revient sur le devant de la scène dans son registre préféré. Muet sur le volcan perturbateur, le président de la République a enchaîné mardi les annonces sur la sécurité à l’occasion de l’installation hautement symbolique du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, ancien patron du Raid.
Actions «sans restriction» contre les trafiquants de drogue, suspension «systématique» des allocations familiales, policier dans les établissements scolaires: après une série de faits divers, Nicolas Sarkozy s’est substitué mardi à son impopulaire ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Rebelote mercredi: il reprendra sa casquette de «premier flic de France» en recevant les représentants des syndicats de police. Une façon -risquée- de se réapproprier l’après-régionales.
«La sécurité est un enjeu traditionnel de la droite et fait partie des attentes des Français vis-à-vis de Nicolas Sarkozy dont la popularité a grandi, dès 2002, grâce à ce discours» et qui reste légitime sur ces questions, rappelle à 20minutes.fr Frédéric Dabi de l’Ifop. «Mais c’est à double tranchant, parce qu’on n’est plus dans une logique d’élection présidentielle», qui consistait à draguer les électeurs largement à droite et qu’il «y a une perte de confiance quant à la capacité de Sarkozy à résoudre ces problèmes».
Les régionales sont également passées par là, sans que le président et une partie de sa majorité ne tirent les conséquences de l’effet du discours sécuritaire. «Les électeurs qui ont fait le plus défaut à Nicolas Sarkozy sont ceux du centre-droit», explique Stéphane Rozès, président de Cap, et donc ceux qui sont moins sensibles au levier sécuritaire. «Cette stratégie risque donc d’être décalée par rapport à ce qu’exprime cet électorat», avance le politologue.
Elle risque aussi d’être en décalage par rapport aux attentes de la population en général. Car, à la différence des enjeux sécuritaires, les questions économiques et sociales sont au cœur des préoccupations des Français. De plus, la «succession de ces mesures fragilisent leur efficacité, d’autant qu’elles s’inscrivent généralement dans la punition» comme la suppression des allocations, analyse Stéphane Rozès.