Vaste champ que celui des retraites, et Nicolas Sarkozy en a fait l’un des dossiers prioritaires de son mandat. En mars dernier, il avait promis de venir à bout de la réforme dans les six mois. Le calendrier s’accélère, surtout que les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux s’ouvrent lundi prochain. Comme pour faire un geste en direction des syndicats, une source proche de l’Elysée a révélé ce jeudi que la présidence «envisageait un prélèvement spécifique sur une catégorie de la population». Un impôt sur les très hauts revenus, en d’autres termes. Comment prélever les grosses fortunes sans toucher au bouclier fiscal?
Un impôt sur les revenus du capital
Pour Jacques Le Cacheux, directeur du département des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), «si on essaie de décrypter la déclaration, on nous parle d’un impôt sur les revenus du capital qui proviendrait de placements financiers». Un tel dispositif concernerait toutes les personnes qui ont un revenu d’épargne, à l’exclusion du livret A. «Ce type de prélèvements serait plus juste parce qu’il touche davantage les gens aisés.»
Difficile à mettre en œuvre pour un gouvernement de droite, d’autant qu’un tel dispositif serait en contradiction avec le bouclier fiscal. «On ne peut pas à la fois vouloir le garder à tout prix et prélever les hauts revenus», assure Jacques Le Cacheux.
Impensable politiquement et surtout… insuffisant. Il coûte à peu près 500 millions d’euros. «On ne bouchera pas le trou avec ça», explique Jacques Le Cacheux. De même, pour l’économiste Nicolas Bouzou, «il est impossible de garder le bouclier fiscal en l’état, mais croire qu’il peut financer le déficit du régime général est un leurre».
Pour Nicolas Bouzou, la première solution réside dans le retardement de l’âge du départ en retraite. «L’espérance de vie augmente. 60 ans est une norme qui date du 18ème siècle», pointe-t-il. Au gouvernement de faire de la pédagogie pour faire accepter une idée impopulaire.
C’est une autre piste à creuser. Les seniors partent trop souvent en pré-retraite ou ne sont pas embauchés. «On pourrait imaginer un système de sanction, du même type que pour les handicapés pour favoriser l’emploi des personnes âgées», affirme Nicolas Bouzou. Il faut d’abord considérer ces solutions, avant d’envisager de nouveaux prélèvements».