Après quelques années à ses côtés en tant que conseillère, Rachida Dati est nommée porte-parole de Nicolas Sarkozy, désigné le même jour candidat de l'UMP à l'élection présidentielle.
Sur la photo officielle, elle arbore le plus grand sourire du premier gouvernement Fillon. Et ne cache pas sa fierté quand le président insiste pour poser avec sa nouvelle ministre de la Justice, symbole de l’intégration de son gouvernement.
«C'est plus qu'une amie, c'est ma sœur.» L’atout de Rachida, c’est Cécilia. Au cours de vacances partagées aux Etats-Unis avec le couple présidentiel, la bientôt ex-femme du président déclare son amour pour la garde des Sceaux. Avec son départ de l’Elysée, c’est une alliée de poids pour Rachida qui disparaît.
Un petit mensonge dans un CV qui fait tâche. L'hebdomadaire L'Express relève que le dossier pour son admission sans concours à l'École nationale de la magistrature mentionne un diplôme de MBA d’HEC qu'elle n'a pas obtenu.
Elle se prend pour une star. Dati pose en robe léopard pour Paris Match. Deux mois après, le Canard enchaîné révèle qu'elle doit quelque 39.000 euros de robes à Yves Saint Laurent. Un impair bling-bling alors que le Président cherche à se racheter une stature présidentielle, surtout depuis son divorce et sa rencontre avec la branchée Carla Bruni. Onze mois plus tard, nouveau faux pas: une retouche photo permet de connaître le prix de sa bague. Plus de 15.000 euros alors que la réforme de la justice supprime des centaines de postes.
Elle est rayée de la liste du «G7», la garde rapprochée des ministres les plus politiques que Nicolas Sarkozy réunit régulièrement autour de lui à l’Elysée.
Sa grossesse confirmée, Rachida Dati occupe plus les pages des magazines people, obsédés par l’identité du père de l’enfant, qu’elle ne se préoccupe de son ministère.
Manifestations, départ de membres de son cabinet, les nuages s’accumulent pour la ministre. À la mi novembre 2008, plus de cinq cents magistrats adressent une pétition à la ministre pour faire part de leurs nombreux griefs, dont «les pressions personnalisées exercées par la garde des Sceaux» qu'ils jugent «inadmissibles».
L’orage éclate. Alors qu’elle vient d’accoucher et que son retour plus que rapide Place Vendôme fait polémique, Rachida Dati apprend qu’elle quittera le gouvernement pour Bruxelles. Un exil pas vraiment volontaire et une deuxième place sur la liste de l’Ile-de-France pour les Européennes nettement mois prestigieuse qu’un ministère.
«Je n'en peux plus, je n'en peux plus! Je pense qu'il va y avoir un drame avant que je finisse mon mandat.» Oubliant qu'elle est suivie par une équipe de journalistes et que son micro est ouvert, Rachida se lâche par téléphone au Parlement de Strasbourg. Pas classe.
Déjà délestée de sa voiture de fonction, Rachida Dati est abandonnée de toutes parts. Elle dément à plusieurs reprises être à l'origine des rumeurs sur le couple Sarkozy. Sans beaucoup de succès.