Il était complètement invisible depuis la défaite cuisante du MoDem aux régionales. François est de retour. Le président du MoDem a annoncé samedi que son parti avait à l'unanimité réaffirmé sa ligne d'indépendance, vis-à-vis de la droite et de la gauche, lors d'un conseil national qui a également approuvé un nouvel organigramme avec la création d'un secrétariat général.
Cent-quarante conseillers nationaux du parti centriste ont participé aux débats du Conseil national qui ont, pendant près de cinq heures, tenté d'analyser l'échec des régionales (4,2%) et de tracer des perspectives d'avenir. Lors d'un point presse, François Bayrou a salué «une réunion particulièrement approfondie, sérieuse et unanime», expliquant qu'une seule personne s'était exprimée dans des «conditions un peu choquantes».
Un conseiller, Remy Daillet, qui enregistrait en douce les débats, a été exclu du Conseil en fin de matinée et accompagné vers la sortie par un groupe de cadres expliquant à la presse qu'il ne représentait que lui-même. «Le conseil national a souligné l'unité du mouvement et sa volonté de reconstruction civique», a expliqué François Bayrou en expliquant que les conseillers avaient voté à l'unanimité pour «le choix stratégique de l'indépendance».
Certaines voix au MoDem, dont celle de l'ex-secrétaire nationale du parti démissionnaire Corinne Lepage, avaient regretté que le parti centriste n'aille pas au bout de sa main tendue vers la gauche en passant des alliances avec le PS ou Europe écologie. «Notre position n'a pas été comprise. Nous avons eu des difficultés de juste expression de nos choix de positionnement», a reconnu le leader centriste.
Il a notamment expliqué qu'il ne faisait pas de «l'antisarkozisme personnel» mais combattait «des choix politique conduisant à un grave délabrement du pays» et qu'il n'y a jamais eu «d'alignement» du MoDem «sur la gauche», comme cela a été perçu par certains. «Nous sommes, depuis le début, convaincus qu'il n'y aura pas de réponse juste à la crise de la France portée par la logique du bloc contre bloc», a-t-il réaffirmé.
François Bayrou a par ailleurs annoncé des changements dans l'organigramme de son parti avec les nominations du député Jean Lassalle, seul chef de file MoDem à avoir passé la barre des 10% aux régionales, et de l'eurodéputé Robert Rochefort, comme vice-présidents du parti.
Autre changement, moins attendu, la nomination de Marc Fesneau, 38 ans, maire de Marchenoir (Loir-et-Cher), qui fut tête de liste aux régionales en région Centre, en tant que secrétaire général du MoDem, un poste nouvellement créé. François Bayrou tente de répondre ainsi aux critiques sur sa gouvernance en solo, certains lui recommandant de prendre du recul dans la gestion du parti pour se consacrer à sa candidature à la présidentielle de 2012.