Plus que les chiffres du camp adverse, ce sont les chiffres de l’abstention qui obsèdent les grands partis politiques. Grande gagnante du premier tour, l’abstention est en passe de battre les taux historiques (53,5%) du week-end dernier. Plus d'un Français sur deux (55%) pourrait en effet bouder les urnes au second tour des élections régionales dimanche, selon un sondage CSA pour Aujourd'hui en France/Le Parisien paru ce vendredi.
A l’instar de la gauche, la majorité présidentielle a appelé la mobilisation générale. Mais pour l’UMP, l’enjeu est capital: son électorat a en effet choisi de le sanctionner en s’abstenant massivement au premier tour et risque de récidiver dimanche. Le parti de la majorité présidentielle a donc multiplié les meetings en espérant mobiliser ses partisans et renverser la tendance. En s’inspirant de l’exemple de 2004, où le taux d'abstention avait reculé de 4,8 points entre les deux tours de scrutin (de 39,1 % à 34,3 %). Mais avait largement profité à la gauche, arrivée en tête au premier tour.
Sans grande surprise, la carte de France devrait se colorer d’un rose tirant sur le rouge et le vert au soir du 21 mars. Avec le concours d’Europe Ecologie et du Front de gauche, le parti socialiste devrait conserver les 20 régions qu’il dirige en métropole et pourrait également emporter le morceau en Corse -où la gauche est en ballotage favorable- mais aussi en Alsace.
Si la victoire est assurée dans bon nombre de régions, son ampleur donnera le ton pour la poursuite des alliances à gauche. Reste à savoir si les électeurs se démobiliseront devant cette victoire annoncée et si les électeurs d’Europe Ecologie ne délaisseront pas des listes d’union aux simples accents écolo.
Avec près de 12% des suffrages, le Front national se maintient dans 12 régions. Si le parti de Jean-Marie Le Pen compte bien s’imposer comme force d'opposition dans les conseils régionaux, il n'est en mesure de jouer les arbitres que dans quatre d'entre elles -où les sondages donnent des scores très serrés entre la droite et la gauche- en Alsace, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, en Franche-Comté et en Champagne-Ardenne.
Mais ses bons scores devraient lui permettre de régler ses comptes avec la majorité présidentielle, ravisseuse de voix, qui ressort d’ailleurs opportunément son discours sécuritaire, et de préparer tranquillement les prochaines échéances électorales.
Un enjeu capital mais une région-girouette. Depuis le début de la campagne, le cœur de l’Alsace penche à gauche puis à droite. Selon une dernière étude TNS/Sofres, la liste de gauche conduite par le socialiste Jacques Bigot et celle UMP-Nouveau Centre-MPF de Philippe Richert sont désormais au coude à coude, avec 43,5% des voix chacune.
Une région remportée au finish et des électeurs indécis qui donnent des sueurs froides à la droite. Elle désespère de sauvegarder l’Alsace comme un dernier étendard bleu dans un océan à gauche.
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