Non, non et non, il ne va pas changer son équipe à l’issue du vote. Et pourtant, la classe politique, qui n’a pas oublié le scénario des européennes, bruisse au sujet d’un probable remaniement au lendemain des régionales.
Première victime, l’ouverture. «Nous les parlementaires, on trouve peut-être que l'ouverture ça a été bien mais qu'aujourd'hui ce n'est peut-être plus beaucoup d'actualité», a par exemple déclaré la députée Chantal Brunel vendredi sur Canal+. Comme elle, de nombreux élus de la majorité demandent un geste fort pour compenser la déroute électorale. Deux options: soit sacrifier les ministres d'ouverture, soit nommer des personnalités de droite.
Pour la première option, Nicolas Sarkozy a l’embarras du choix entre Bernard Kouchner, qui exaspère les parlementaires UMP et qui pourrait, selon L'Express, être remplacé au Quai d’Orsay par Christine Lagarde, Éric Besson, très critiqué pour le débat sur l’Identité nationale, ou encore Fadela Amara, jugée peu utile et bien trop critique.
Les rumeurs donnent d’ailleurs celle-ci bien placée pour diriger la Halde à la place de Malek Boutih, un temps pressenti mais vraisemblablement écarté après la polémique Longuet, selon le Canard enchaîné.
Parmi les ministres-candidats, ceux qui ont encaissé de mauvais résultats pourraient être sanctionnés, comme Xavier Darcos, très mal parti en Aquitaine. Mais ceux qui ont rechigné à mouiller leur chemise sont encore plus menacés. Roselyne Bachelot, qui avait refusé de partir à la conquête des Pays de la Loire, pourrait payer les ratés de sa gestion de la grippe A/H1N1.
Elle céderait sa place à la Santé à une des «égéries» du gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet, que d’autres rumeurs placent plutôt à la tête de la Défense. Mais, rien n’est fait, surtout depuis que les fuites dans la presse sur le transfert de la secrétaire d’Etat ont hautement déplu au Président. Il faudrait également trouver dans ce jeu de chaises musicales un nouveau poste pour Hervé Morin, dont le parti, le Nouveau Centre, a prouvé une allégeance sans faille au sein de la majorité présidentielle à l’occasion des régionales.
Autre potentielle arrivée surprise au gouvernement, Jean-François Copé, qui s’est rapproché récemment de Nicolas Sarkozy, sans qu’on conçoive vraiment comment le très critique président du groupe UMP à l'Assemblée nationale puisse abandonner sa liberté de parole.
Rachida Dati, qui a fait part fin février de ses intentions de reprendre le poste d’Eric Besson à l’Immigration pourrait enfin quitter son exil bruxellois. Mais elle pourrait aussi payer son insubordination de dimanche soir où elle avait appelé à un «retour aux fondamentaux».
En attendant de connaître les résultats du scrutin et les arbitrages présidentielles, une chose est quasiment sûre: François Fillon, comme l'avait fait en 2004 Jean-Pierre Raffarin après la première vague rose, devrait présenter lundi sa démission au chef de l'État, qui la refusera. Avant de former un cinquième gouvernement.