Régionales 2010: à deux jours des résultats, les enjeux pour les partis politiques

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Publié le 19 mars 2010.

POLITIQUE - Le premier tour des régionales a esquissé de nouvelles tendances pour les partis politiques, le second tour devrait raffermir le trait alors que l'élection présidentielle se profile. Petit tour d'horizon à deux jours du scrutin...

Le PS: un quasi grand chelem en famille

Pas un tsunami, mais une vague rose revigorante. Le Parti socialiste est devenu à la faveur du premier tour la première force politique du pays, en devançant la majorité présidentielle de plus de trois points, et s’attend à un quasi-plébiscite au second tour. 

A l’exception de la Bretagne et du Limousin, un accord passé avec Europe Ecologie et le Front de gauche devrait permettre au parti de conserver ses présidences de région. Avec peut-être une bonne surprise en prime: l’Alsace, où des sondages montrent que la gauche est au coude-à-coude avec la droite, qui domine pourtant traditionnellement cette région. Seul point noir dans une carte rose, le Languedoc-Roussillon où la candidate socialiste Hélène Mandroux a été éliminée dès le premier tour alors que le polémique Georges Frêche est en passe d'être réélu

Reste à savoir si les alliances électorales, conclues à la hâte entre les deux tours, pourront se muer en «accord de gouvernement» pour une gauche unie, comme l’a affirmé jeudi Benoît Hamon.

L’UMP: limiter les dégâts dans les urnes et dans le parti

La claque a été rude. L’UMP n’a même pas remporté son défi du premier tour en plaçant ses équipes sur la première marche du podium dans seulement 9 régions sur les 22 espérées. Et le deuxième tour risque d’être encore plus violent. Avec une stratégie de parti unique dès le premier tour, l’UMP dispose de peu de réserves de voix, d’autant que le FN se maintient dans 12 régions. Et même si la droite souligne le bilan écolo du gouvernement et critique les accords rapidement ficelés à gauche, il ne devrait pas bénéficier de reports de voix de la part des électeurs d’Europe Ecologie.

Mais ces stratégies énervent surtout les membres de l’UMP, exaspérés par l’ouverture, qui ne dissimulent plus leurs critiques. François Fillon, qui a enfilé son armure de chef de campagne, recadre sèchement ses troupes depuis lundi et multiplie les déplacements et les meetings en espérant limiter la casse. Mais le parti ne devrait pas éviter une remise en cause de ses choix stratégiques une fois les urnes rangées. Et les ministres-candidats, tous en difficulté, craignent de payer les pots cassés à l’occasion d’un remaniement post-électoral.  

Europe Ecologie: un essai régional à transformer

Avec plus de 12% des suffrages, Europe Ecologie continue sur la lancée des européennes et devient même la troisième force politique du pays. Une bonne place lui est dorénavant assurée dans la grande majorité des conseils régionaux après les alliances conclues avec le PS et le Front de Gauche - à l’exception de la Bretagne où le parti a choisi de faire cavalier seul.

Avec un pic à plus de 20% sur Paris, Cécile Duflot, tête de liste en Ile-de-France, s’impose au sommet du parti. Mais les alliances à marche forcée avec la gauche ont créé quelques vagues dans le mouvement. Lundi soir, le numéro deux des Verts Jean-Vincent Placé avait démenti un accord national suscitant une certaine confusion alors que Daniel Cohn-Bendit fustigeait jeudi les tractations PS-Europe Ecologie.

Front national: s’ériger en force d’opposition dans les régions

Une sacrée bouffée d’air pour un parti en manque de souffle. Avec près de 12% des suffrages et un pic à plus de 20% en Paca, le Front national fait mentir tous les oracles et talonne Europe Ecologie au premier tour. Grâce à un électorat très mobilisé, le parti pourrait confirmer ces bons scores au deuxième tour dans les 12 régions où il impose des triangulaires. Et où il devrait s’imposer comme force d'opposition dans les conseils régionaux.

Notamment dans le Nord-Pas de Calais où Marine Le Pen, qui talonne la secrétaire d'Etat Valérie Létard, espère renouveler ses bons scores pour consolider sa position en vue de la prochaine succession du parti.

MoDem: une seule région pour éviter le naufrage

Des scores calamiteux et une vice-présidente qui quitte le navire avant le naufrage. Avec 4,24%, le MoDem est sérieusement sonné, ne réussissant à se maintenir qu'en Aquitaine avec Jean Lassalle et perdant au passage Corinne Lepage, en désaccord depuis des mois avec la stratégie du parti. Un bilan en somme peu encourageant deux ans avant la présidentielle tant attendue par François Bayrou.

Le Front de gauche s’impose et éclipse le NPA

Des scores très honorables qui lui offrent une envergure nationale. Avec près de 6% des voix au premier tour, le Front de gauche a su s’imposer à gauche et éclipser le NPA, loin dans les suffrages avec 2,5%. Allié localement avec le NPA, le parti d'Olivier Besancenot lui permet cependant de se maintenir dans le Limousin.

Un peu plus d’un an après sa naissance, le NPA, lui, ne passera pas ces élections sans remous alors que le Front de Gauche envisage de se tailler une place de plus en plus importante à gauche.
 
Retrouvez les enjeux du premier tour parti par parti en cliquant ici
 


Maud Noyon
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