Des affichettes avaient été placardées un peu partout dans le centre de Satolas-et-Bonce, en Isère. «Info dernière minute. Le premier ministre est attendu mercredi 17 mars». Après Valérie Pécresse lundi et Hervé Novelli mardi, Françoise Grossetête, chef de file de la majorité présidentielle en Rhône-Alpes a reçu le soutien de François Fillon ce mercredi.
Le temps d’une heure, ce village rural d’un peu moins de 2.000 habitants a vécu au rythme très soutenu du Premier ministre. Une poignée de main aux employés de mairie par ici, un petit tour des quatre commerces de la bourgade par là. Au premier tour, dimanche, l’UMP était en tête dans la commune. De quoi ravoir tout le monde. «On a appris sa venue hier dans la matinée. On y croyait pas trop. C’est vraiment exceptionnel!», raconte Philippe, l’artisan boulanger de Satolas. «C’est bien de ne pas toujours aller dans les grandes villes, renchérit sa femme, Nathalie. Le Premier ministre montre qu’il veut se rapprocher des gens. Ca donne un côté plus personnel.»
Photos de famille et autographes
Gagné. François Fillon est venu pour assurer une campagne de proximité. Il pose pour les photos de famille, signe des autographes aux enfants qui affluent de partout, mercredi oblige. C’est à celui qui aura la plus belle signature. «C’est le Premier ministre quand même», lâche Hugo, 8 ans, papier signé en main. «C’est la première fois qu’une personne importante vient. Je ne pensais pas en voir une dans le village un jour», poursuit son copain Lucas, 11 ans.
Pour le staff de campagne de l’UMP, Satolas a une situation géographique privilégiée. Située à quelques kilomètres de l’aéroport de Lyon, la commune est au croisement de trois départements, l’Ain, l’Isère et le Rhône. Pratique pour réunir tous les candidats départementaux.
Le premier ministre ne veut pas de «26 petites forteresses»
Il leur avait donc donné rendez-vous à la ferme Bourne, Dans un décor très champêtre, François Fillon a rappelé l’utilité de toutes les réformes, menées par le gouvernement, parmi lesquelles celles sur les collectivités territoriales, tout en expliquant que les régions devaient travailler avec l’Etat. «Certains disent que les régions doivent être un contre-pouvoir, c'est un contre-sens», a martelé le Premier ministre dans son discours.
«Ce n'est vraiment pas le moment, en pleine crise économique, de diviser la France en 26 petites forteresses!». Il a de nouveau lancé un appel aux électeurs n’ayant pas voté au premier tour. «C'est vrai qu'il y a eu beaucoup d'abstention. Il y en a eu à gauche, et encore plus à droite et au centre. Il faut aller chercher les voix partout où elles sont!»
Grossetête tape sur la liste d’union à gauche
Françoise Grossetête a quant à elle critiqué l’accord trouvé mardi entre le PS, Europe Ecologie et le Front de gauche. «Dans le camp adverse hétéroclite, la liste est faite de bric et de broc. Le président sortant Jean-Jack Queyranne (PS) a tout fait pour préserver son poste. Mais il n’en a rien à faire des Rhône-Alpins!»
Monique, épouse d’agriculteur et militante UMP, ressort ravie de ce meeting en plein air. «Notre village est trop petit pour qu’il soit venu dans un but électoral. Il a voulu montrer qu’il était attaché à ses valeurs. Et puis, il a serré la main de mon fils, ça me fait plaisir!»