Des meetings, des meetings et encore des meetings. Face à une gauche qui conclut à peine ses tractations pour le second tour des régionales, la majorité présidentielle organise des réunions à la pelle. Objectif: souligner la mobilisation sans faille et sans délai d’une droite unie afin d’encourager son électorat à retrouver le chemin des urnes.
Car l’Elysée considère l’abstention comme la seule responsable de ses résultats mitigés au premier tour des régionales. «J’ai un pays qui s’abstient de manière historique. C’est tout sauf un vote sanction», avait en effet estimé lundi le chef de l’Etat devant les dirigeants de la majorité réunis à l’Elysée.
Alors les déplacements s’enchaînent pour mobiliser les troupes et éviter une franche humiliation au second tour. Nicolas Sarkozy est retourné mardi en Vendée et en Charente-Maritime, offrant sans en l’avoir l’air son soutien à un Dominique Bussereau largement distancé par Ségolène Royal.
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Et si le président ne peut endosser pleinement ses habits de chef de campagne, le Premier ministre mouille sa chemise à temps plein pour ses candidats. Surtout dans les régions où la droite a obtenu des scores honorables et où les têtes de liste assument le bilan du gouvernement. Mardi, François Fillon devait se rendre dans le Centre pour soutenir Hervé Novelli après une réunion de crise aux accents très combattifs au siège de l’UMP. La veille, il s’était fendu d’un déplacement très médiatique en compagnie de Valérie Pécresse, tête de liste en Ile-de-France, à Sèvres, avant de rejoindre dans la soirée à Besançon, Alain Joyandet, chef de file de la majorité en Franche-Comté.
Un meeting parmi d’autres: en tout, une dizaine de réunions publiques avaient été organisées lundi soir dans les régions. D’ici la fin de la semaine, quelque 150 meetings devraient se tenir dans tout l’Hexagone.
«La majorité a choisi de relocaliser les enjeux, a analysé pour 20minutes.fr Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap. Mais cette stratégie occulte le message de l’abstention. Face à la nationalisation du scrutin -abandonnée à quelques semaines du scrutin mais intégrée par l’électorat-, les électeurs de droite ont choisi de s’abstenir, refusant d’offrir une voix à la droite donc au gouvernement.»
Et l’opération séduction en direction de l’électorat d’Europe Ecologie arrive trop tard, selon le politologue. «Si une formation écolo et centriste avait réussi à se mettre en place pour le premier tour, elle aurait pu attirer de nombreux suffrages et aurait constitué un réservoir de voix pour la droite», explique Stéphane Rozès, ce qui souligne l’échec de la stratégie d’une droite unitaire. Une option pourtant toujours défendue par des dirigeants de l’UMP, qui cherchent à faire taire toute forme de contestation dans leurs rangs.
«Nous avons encore beaucoup de sujets à régler mais nous devons les régler ensemble et je voudrais surtout vous dire que ceux qui choisissent l'entre deux tours pour formuler des critiques sur l'action du gouvernement ou leur formation politique (…) commettent une faute contre cette majorité et moi je ne m'y prêterai pas», a prévenu mardi François Fillon. Un avant-goût de recadrage quatre jours avant un second tour qui s’annonce compliqué pour la droite.