La presse se fait l’écho mardi des difficultés et des divisions au sein de la majorité présidentielle, deux jours après le premier tour des élections régionales qui a vu le Parti socialiste arriver en tête des suffrages.
«Du côté de la majorité présidentielle, l'heure est à la remise en cause, explique Francis Lachat dans Le Courrier Picard. La stratégie de l'union à tout prix (...) a fait long feu. Celle des clins d'oeil aux électeurs du Front National n'a fait que renforcer les sentiments nationalistes (...).»
Même son de cloche du côté du Midi Libre. «Le vote sanction à l’égard de la majorité met en lumière les failles de la stratégie présidentielle, souligne François Martin. Ses trois piliers sont ébranlés. Le dogme du "grand parti de la droite et du centre" vacille. La théorie du siphonnage du FN prend l’eau. Enfin, la pratique de l’ouverture ne fait pas recette.»
«Les attaques venant de l'UMP ramènent bien sûr à une critique récurrente: l'ouverture, précise dans Le Républicain Lorrain Philippe Waucampt. A force de s'entendre dire que les talents étaient à gauche, beaucoup d'électeurs de l'UMP se sont réfugiés dans l'abstention alors que d'autre retournent au Front National, préférant l'original à la copie en ce qui concerne le discours sur l'identité nationale. La nouveauté, cependant, réside dans le regard critique commençant à être porté à droite sur la personnalité du chef de l'Etat.»
«Au sein même de l'UMP, des voix, les plus à droite, se font entendre pour stigmatiser certaines "décisions gouvernementales très mal perçues" (pour le souverainiste Jacques Myard), le "strabisme présidentiel de gauche" (Lionnel Luca) voire, pour Christine Boutin, le retour aux "valeurs de la droite décomplexée"», rapporte dans la République des Pyrénées Jean-Marcel Bouguereau.
«Le coup porté dimanche est rude, juge Patrick Apel-Muller pour l'Humanité. Déjà quelques craquellements, repérés le jour même au sein de la droite, étaient devenus des fissures. Et l'on a vu, dans la soirée, tituber l'état-major de l'UMP, à peine soutenu par la feuille de route que l'Élysée lui avait fait apprendre quelques minutes avant de gagner les plateaux.»
Seule solution, «la génération Sarkozy, issue de la victoire de 2007, doit apprendre la défaite si elle veut un jour pouvoir trouver l’énergie de rebondir. Après tout, il n’y a pas déshonneur à subir les conséquences de la crise économique, ni à reconnaître qu’on s’est trompé», conclut dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard.