UMP
Du côté de l’UMP, on a du mal à accepter la défaite, et on préfère se concentrer sur l’abstention, comme Jean-François Copé: «Il faut en appeler dès maintenant à une mobilisation totale de nos électeurs parce que maintenant on est à la croisée des chemins», a-t-il déclaré sur France 2.
Pour François Fillon, toujours optimiste, «rien n'est joué au second tour dans de nombreuses régions». Même son de cloche chez Dominique Paillé: «Je suis persuadé que l’issue de cette élection sera positive pour l’UMP. Même si le PS peut se maintenir dans certaines régions, je pense qu’il sera loin de ses objectifs.» Frédéric Lefebvre pousse le bouchon plus loin: «S’il y a une défaite, elle est pour les socialistes sortants, qui n’ont pas fait de très bons résultats.»
Certains acceptent tout de même la défaite, à l’image de Chantal Jouanno: «Il est clair que nous n'avons pas su mobiliser notre électorat. Il est clair que nous n'avons pas fait une bonne campagne.»
Certains plaident un retour aux sources, comme l'ex-ministre du Logement, Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, allié de l'UMP, qui a souhaité un retour «aux valeurs de la droite décomplexée développées par Nicolas Sarkozy» lors de la campagne présidentielle. «Ce vote n'est pas un vote sanction, puisque les électeurs ne sont pas venus. C'est en revanche un vote d'alerte pour la majorité présidentielle», a-t-elle analysé.
MoDem
Le MoDem, également grand perdant de ce 1er tour hésite entre assumer et se faire oublier. «Être minoritaire ce n'est pas une honte», a déclaré François Bayrou, alors qu’Azouz Begag, qui se terre chez lui, a indiqué à 20minutes.fr: «C’est un échec cuisant, on digère le choc. On n’a pas réussi à mobiliser les gens dégoûtés par la politique.»
Et c'est dans la défaite que les passions s'aiguisent: la vice-présidente du MoDem en Languedoc-Roussillon, Clotilde Ripoull, parle pour sa part de «débâcle électorale» les mauvais résultats de son parti, et appelé à «revoir sa gouvernance et sa présidence», attaquant sans détour François Bayrou.
Corinne Lepage ne peut elle aussi que constater les dégats au sein du MoDem. Contactée par 20minutes.fr, elle a estimé que «ces résultats sont la conséquence de la stratégie du président du parti». La co-fondatrice du Mouvement démocrate n'épargne pas François Bayrou, car pour elle, «c'est l'échec flagrant d'un mode de gouvernance».
>> A venir, l'interview de Corinne Lepage sur 20minutes.fr
FN
Jean-Marie Le Pen a affirmé sur TF1, dès les premiers résultats, que le FN «était annoncé comme vaincu, mort, enterré par le président de la République. Eh bien, il a démontré qu'il était une force nationale, et probablement de plus en plus grande». Sa fille et vice-présidente du FN, Marine Le Pen, a déclaré sur France 2 que les Français «ont remis clairement le Front National dans le jeu. Les Français sont de retour, ils ont fait mentir les sondages.»
>> Retrouvez tous les résultats du 1er tour du scrutin par ici
PS
Du côté du PS, l’heure est à la fête. «Les Français ont placé le PS très nettement en tête. Il a atteint un niveau historique». Séquence d'autocélébration de Martine Aubry, qui n'oublie pas de saluer les «bons scores de nos partenaires». On en vient même à oublier les anciennes querelles, à l’instar de Laurent Fabius, qui affirme sur France 2 qu'«en Languedoc-Roussillon nous n'appellerons en aucun cas à voter pour la droite et l'extrême droite» alors que Georges Frêche est arrivé très largement en tête au premier tour.
Pour Ségolène Royal, ces résultats ont «un double sens: il y a eu un vote d'adhésion à l'égard des présidents de région» sortants et un «vote sanction» contre le gouvernement. Plus pragmatiques, certains en sont déjà aux alliances pour le second tour: Jean-Paul Huchon veut «construire dès ce soir l'alliance» avec Europe Ecologie et le Front de gauche «pour battre la candidate de droite». Le président francilien s'est réjoui: «On a bien travaillé dans cette campagne, on partait avec des scores inférieurs de 10 points à ceux de Valérie Pécresse.» Et de prédire: «Mme Pécresse a toujours le même problème: elle n'a pas de report de voix, elle va donc stagner et le score du PS sera hégémonique au second tour.»
Ali Soumaré a indiqué qu’il retiendrait de la campagne «les rencontres avec les gens et pas les polémiques», avant d'annoncer qu’il fallait maintenant «aller chercher les abstentionnistes de gauche», et qu’il allait pour sa part «cibler les endroits où il a manqué des voix» pour le 2d tour.
Europe Ecologie
Chez Europe Ecologie, autre grand gagnant de ce scrutin, on persévère. Cécile Duflot a affirmé: «Nous avons mené un combat pour donner la possibilité d'une troisième voie», assure Cécile Duflot. «Et nous allons continuer».
Front de gauche
Jean-Luc Mélenchon a estimé sur TF1 que l'abstention forte s'apparentait à «de l'insurrection civique de gens qui disent: "y'en a ras le bol" et ça s'adresse à tout le monde» et a affirmé que son parti participerait au «rassemblement de la gauche» au second tour.
«Vous avez pris une raclée (...) et ça devrait vous faire réfléchir», a-t-il ajouté à l'attention du secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, présent sur le même plateau.
Pour Christian Picquet, porte-parole de Gauche unitaire, une des composantes du Front de gauche, «L'heure est maintenant au rassemblement de toute la gauche pour amplifier encore la poussée à gauche et infliger la plus lourde défaite possible à Nicolas Sarkozy, à ses ministres et ses candidats.»
NPA
Le Nouveau parti anti-capitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, reconnaissant «un score décevant, même si certaines listes semblent obtenir un score encourageant», appelle dans un communiqué les électeurs «à infliger la défaite la plus importante possible aux listes soutenues par Sarkozy et l'UMP» et a souhaité «un troisième tour social», dès la journée de manifestation du 23 mars.
«Sanctionner la droite est une nécessité absolue, même si nous pensons que les futures majorités de gauche ne seront pas plus un rempart contre la politique de Sarkozy qu'elles ne l'étaient ces dernières années», ajoute le NPA.