Un sondeur: «Les électeurs de droite qui voulaient sanctionner l'UMP n'avaient plus comme choix que de s'abstenir ou de voter FN»

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Publié le 14 mars 2010.

POLITIQUE - Eric Bonnet, directeur d'études BVA opinion décrypte pour 20minutes.fr les grandes tendances à l'issue de ce 1er tour...

Pourquoi le taux de participation est-il aussi bas?

Le taux d’abstention s’élève à 52%. Incontestablement c’est une très forte abstention, même s’il faut souligner que les élections régionales mobilisent toujours moins que les autres élections (mis à part les européennes), et noter qu’au précédent scrutin, en 2004, les électeurs de gauche s’étaient particulièrement mobilisés 2 ans seulement après le 21 avril 2002.

Cette campagne semble avoir peu intéressé les Français, ce qui a encore été aggravé par l’annonce de Nicolas Sarkozy qu’il n’y aurait pas de changement de gouvernement à l’issue de ce scrutin: il a abaissé l’enjeu, ce qui a empêché une forte mobilisation, surtout du côté de ceux qui l’écoutent le plus, les électeurs de l’UMP. De plus, le fait que le parti présidentiel a choisi de présenter des listes uniques de droite modérée explique cette forte abstention, et le bon score du FN.

De quelle façon?

Les électeurs de droite qui ne voulaient pas voter à gauche, mais qui ne voulaient pas non plus voter UMP car ils souhaitaient sanctionner le gouvernement n’ont pas eu la possibilité de voter pour l’UDF, CPNT, Philippe de Villiers, comme lors des précédents scrutins. Ils n’avaient plus comme choix que de s’abstenir ou de voter pour le FN.

Le parti de Jean-Marie Le Pen est à 12%, ce qui est un score important et permet le maintien des frontistes dans de nombreuses régions. Cette réussite sera accentuée au second tour, après la défaite de la droite.

>> Retrouvez tous les résultats du 1er tour du scrutin par ici

L’UMP à 26,7%, c’est une claque pour le gouvernement?

Oui, c’est un très mauvais score. D’autant plus que le parti a très peu de réserve de voix pour le second tour. Clairement, l’UMP a souffert de l’abstention, mais aussi du vote sanction en matière d’économie, d’emploi et de chômage, trois thèmes importants aux yeux des Français, et sur lesquels le gouvernement et Nicolas Sarkozy sont très impopulaires. Ajoutez à ça une campagne confuse et sans ligne idéologique directrice, et vous arrivez derrière le PS.

Justement, le PS jubile ce soir...

Il peut, il a fait une très bonne campagne. Déjà, les sortants étaient assez populaires. Ensuite, l’image du parti s’est améliorée ces derniers mois: Ségolène Royal étant en campagne en Poitou-Charentes, Martine Aubry a été la seule voix au niveau national, les divisions et les discordances se sont effacées.

Autre réussite, celle d’Europe Ecologie...

A 13%, les Verts sont dans le haut de leur fourchette historique. Ce score ancre le parti comme deuxième force politique à gauche. Vient ensuite le Front de Gauche, qui, avec ses 6%, prend l’ascendant sur le NPA (2%), et se place dans la course pour 2012.

Et autre défaite, celle du MoDem...

Le MoDem fait un très mauvais score (4%). Il souffre d’avoir attaqué Nicolas Sarkozy (et d’avoir perdu l’électorat de droite), du débat Bayrou/Cohn-Bendit de l’été dernier (perte de l’électorat de gauche), et surtout du fait que le parti soit personnalisé autour de François Bayrou: quand le scrutin est local, le parti chute. Ce qui ne signifie pas pour autant que le MoDem fera un mauvais score en 2012, bien au contraire, pour la même raison.

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Propos recueillis par Bérénice Dubuc
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